2025 Etape 1 : 11e partie de Pyramiden à Ny-Alesund via le Nord du Spitzberg : territoire des ours.
Equipage : Anne Gaëlle, Michel, Claude, Philippe et Sylvie.
Tout le nord : Etapes de 12 à 23
Mercredi 2 juillet
Mauvaise nuit pour moi, moyenne pour les autres, après plusieurs réveils sous les à coups du bateau.
La houle nous malmène toujours.
Départ du ponton sans aucun problème
Belle étape de 52,6 nM
Profitant de la queue de dépression, nous avançons bien malgré un vent irrégulier que l'on doit à un nuage très noir au dessus de Pyramiden. Deux ris sont déjà pris sur la GV. Plus loin dans le Fjord, les rafales atteignent bientôt 30 noeuds. Pour l'instant la houle est restée faible, me laissant le loisir de préparer un repas. Mais la situation change très vite et la gîte et la houle rendent difficile le service de deux assiettes pour Michel et Philippe. Je commence un mal de mer qui me conduit à abandonner la place, je ne pourrai de toute façon rien avaler. Au passage en bas de la cabine, j'entends Michel qui peste dur contre le pilote qui a décroché. Nous sommes visiblement sur toilé et le bateau est très difficile à tenir au cap. Anne-Gaël se lève quand je pars m'allonger.
Il est visiblement nécessaire de prendre le 3eme ris. Claude est réclamé à grands cris pour qu'il entende de sa cabine.
De fâcheux contretemps de manœuvre s'enchaînent. Je les devine de ma cabine, percevant les bruits et les commentaires des uns et des autres. Successivement, la GV puis sa drisse se sont coincées dans l'échelle de mat. Elles finissent par se libérer. Puis je vois Philippe venir chercher une sangle. J'imagine que la sangle de prise du 3ème ris a un problème. Effectivement depuis que nous avons une GV avec des coulisseaux renforcés donc plus épais, la sangle est de fait trop courte.
Au bout de quelques heures, la situation se calme, le vent restant suffisant pour une belle navigation à la voile.
Le bateau a atteint des pointes de 7 à 8 nœuds.
Épuisée aujourd'hui par mon manque de sommeil, je ne suis pas remontée sur le pont.
Nous arrivons vers 20h00 vers la station météo d'Isfjord à Festningen à proximité du cap Linne.
Mauvaise nuit pour moi, moyenne pour les autres, après plusieurs réveils sous les à coups du bateau.
La houle nous malmène toujours.
Départ du ponton sans aucun problème
Belle étape de 52,6 nM
Profitant de la queue de dépression, nous avançons bien malgré un vent irrégulier que l'on doit à un nuage très noir au dessus de Pyramiden. Deux ris sont déjà pris sur la GV. Plus loin dans le Fjord, les rafales atteignent bientôt 30 noeuds. Pour l'instant la houle est restée faible, me laissant le loisir de préparer un repas. Mais la situation change très vite et la gîte et la houle rendent difficile le service de deux assiettes pour Michel et Philippe. Je commence un mal de mer qui me conduit à abandonner la place, je ne pourrai de toute façon rien avaler. Au passage en bas de la cabine, j'entends Michel qui peste dur contre le pilote qui a décroché. Nous sommes visiblement sur toilé et le bateau est très difficile à tenir au cap. Anne-Gaël se lève quand je pars m'allonger.
Il est visiblement nécessaire de prendre le 3eme ris. Claude est réclamé à grands cris pour qu'il entende de sa cabine.
De fâcheux contretemps de manœuvre s'enchaînent. Je les devine de ma cabine, percevant les bruits et les commentaires des uns et des autres. Successivement, la GV puis sa drisse se sont coincées dans l'échelle de mat. Elles finissent par se libérer. Puis je vois Philippe venir chercher une sangle. J'imagine que la sangle de prise du 3ème ris a un problème. Effectivement depuis que nous avons une GV avec des coulisseaux renforcés donc plus épais, la sangle est de fait trop courte.
Au bout de quelques heures, la situation se calme, le vent restant suffisant pour une belle navigation à la voile.
Le bateau a atteint des pointes de 7 à 8 nœuds.
Épuisée aujourd'hui par mon manque de sommeil, je ne suis pas remontée sur le pont.
Nous arrivons vers 20h00 vers la station météo d'Isfjord à Festningen à proximité du cap Linne.
Le mouillage accroche très bien. Le vent souffle à une vingtaine de nœuds mais le bateau ne subit aucun mouvement de houle.
Le dîner est fort apprécié et la nuit sera réparatrice.
Une touche de poésie d'amateur pour évoquer la navigation :
Journée froide en mer
Ciel sombre troué de vent
Les mains raidissent
Le souffle court, le marin espère
Que la terre sera chaude.
***
La vague s'abat comme un fouet
Nulle force n'est plus impitoyable que cette eau ingouvernable soumise à tous les vents.
Valeureux le navire qui lui confie son destin. Des flots, lorsqu'il sort vainqueur et fier, il emporte les hommes haut les cœurs.
Jeudi 3 juillet
32,5 nM jusqu'à Brucebay , une seule heure de moteur, un bon vent arrière soutenu par un tangonnage et nous avançons à plus de 5 nœuds de moyenne.
Nous stoppons pour un mouillage à Poolpinten. Kyle l'américain que nous avions croisé à Barentsburg nous indique qu'il a mouillé ici et confirme l'info que nous avions : il y a des morses. À notre arrivée, nous en apercevons quelques uns allongés, affalés est un terme qui convient mieux, sur la berge.
Nous nous positionnons à 100 m de la plage.
Vendredi 4 juillet
Descente à terre pour approcher les morses sur la plage.
D'après les informations que nous possédons, il ne s'agit que de mâles, les femelles, avec leur progéniture, sont remontées avec la banquise plus au nord.
Alors que nous sommes à terre, nous voyons un des morses qui passe à 5 m d'Athos.
La plage est jonchée de morceaux de bois, de troncs ou poteaux entiers, de planches dont certaines équipées de fixation et de morceaux de branches laissant présumer qu'il y a à la fois du bois d'origine naturelle et des bois de construction.
Derrière la plage il y a une lagune qui à marée haute se joint à la mer.
Derrière la plage il y a une lagune qui à marée haute se joint à la mer.
À une cinquantaine de mètres de l'annexe, deux gros molosses dorment, tout juste attentifs à notre passage. L'un d'entre eux relève nonchalamment la tête pour nous regarder, puis la laisse retomber.
Leur masse est tout aussi impressionnante que leur mollesse. Lorsque leur corps se déplace ou retombe, leur peau épaisse ondule en vagues de chair.
Deux mâles grognent, l'un d'eux persiste à vouloir se reposer sur le dos de son voisin. D'autres se grattent avec leurs pattes arrières. Ceux qui reviennent de la mer se hissent avec lourdeur pour venir s'accoler au groupe. Quelle activité dans la colonie !
Départ à 15h vers un mouillage proche, car il n'y a pas de vent. Nous naviguerons davantage demain avec un vent favorable annoncé.
Malgré un ciel couvert, le parcours qui longe la côte de l'île du prince Karl dévoile sous les nimbes de brume les flancs montagneux avec leurs petits glaciers.
Plante huître :
Que la vue est belle depuis le pont avant d'Athos
les photos prises par Anne-Gaël un effet d'aquarelle.
Samedi 5 juillet
Départ pour une navigation que nous allongerons tant que le vent nous portera.
Comme prévu, il se lève à 8 , 10 nœuds, puis 15 et un peu plus par moment, ainsi nous assurons les 5 nœuds de moyenne.

Le vent est portant, c'est à dire qu'il arrive de l'arrière. Avec les voiles croisées et le génois tangonné nous avançons bien.
Anne-Gaël prend la barre avec les hommes dans la matinée.
Je vis plus ou moins bien le fait de barrer de moins en moins ces dernières années. J'ai moins confiance dans mes aptitudes. Philippe veut toujours me ménager, parfois trop...
Biensur il est encore moins question de rester debout à la barre avec mon genou. D'ailleurs je l'ai senti légèrement mouvant même avec la genouillère. À 2 reprises, c'est arrivé dans des mouvements non maîtrisés, liés aux mouvements du bateau. En vent arrière, le bateau oscille de droite à gauche et d'avant en arrière soit en tous sens vous l'aurez compris.
La houle reste très modérée heureusement.
Je m'occupe bien jusqu'à 14h. Correction de ma nouvelle, papotage dans le carré extérieur, service du repas, déjeuner.
Je suis retournée m'allonger. Chaque retour en cabine nécessite un temps pour se dévêtir des vêtements chauds de navigation. Inversement pour retourner sur le pont, il faut s'emmitoufler, sur-pantalon, veste chaude plus veste de quart, bonnet et gants, lunettes de soleil et crème, si si, cela arrive et le soleil peut cogner fort.
Une fois sous la couverture un temps supplémentaire est nécessaire pour se réchauffer, même si ici il fait bien moins froid que ce que nous avons connu en Antarctique.
Une demi-heure plus tard un évènement notoire s'annonce et me remet sur pieds : le capitaine alias Tourist (appellation gadzarique ) va franchir le 79 ° de latitude Nord. Le 79 c'est son nums gadzarique, donc c'est sacré !
Par la même occasion nous aussi nous franchissons cette belle latitude.
À 15h, je retourne au lit avec l'intention d'une sieste, mais aucun sommeil ne viendra. Mon homme me rejoint au chaud mais lui non plus, fait très rare, ne reussit pas à s'endormir. Je bouquine, occupation privilégiée lorsque l'on navigue en étant amariné.
Le vent forcissant, 2h après Philippe retourne à la manoeuvre auprès de Michel et Claude. Je me lève quelques temps plus tard pour faire une boisson chaude à ceux qui le souhaitent. Je regarde quelques instants le paysage, succession de glaciers, dans un décor complètement sauvage sans habitation, sans cabane, uniquement de la roche sombre et de la glace bleue émergeant des flots. La mer a revêtu une robe de vent, couleur verte, intermédiaire entre l'opale et l'émeraude. Impossible à rendre en photo.
Nous sommes maintenant au delà de l'ile du prince Karl, donc moins protégés de la houle de mer, le bateau bouge un peu plus. Les hommes ont decidé de parcourir encore 20nM supplémentaires pour profiter de ce vent favorable. Cela signifie 3h30 à 4h encore avant de rejoindre le mouillage. Je retourne m'allonger pour lire à nouveau. Le temps s'écoule, j'en profite pour écrire ce passage et témoigner de ces longs moments d'attente, de rien. Malgré le recueillement qu'ils impliquent, il me tarde d'être au mouillage.
Arrivée dans Magdalena Fjorden à 22h20
Après 13 h de navigation pour 66 nM.
Navigation intégrale, voile au portant.
Après 13 h de navigation pour 66 nM.
Navigation intégrale, voile au portant.
Cette baie est une des plus célèbres du Spitzberg. Et pour cause, un écrin au milieu de plusieurs glaciers qui vèlent de beaux icebergs aux couleurs prononcées.
D'ailleurs de beaux spécimens sont présents devant l'anse de mouillage.
Prudemment le capitaine louvoie entre les grolers et ceux que l'on peut qualifier d'icebergs. Ces derniers ont une masse visible qui atteint 2 fois celle d'Athos.
La baie a une profondeur de 6m à l'emplacement où nous jetons l'ancre.
Nous pensons donc que ces imposants morceaux de glace ne viendront pas de notre côté.
Dimanche 6 juillet
Lever tardif : presque 10h , la veille la navigation a été longue et avec le jour continu, nos horaires sont décalés.
Le temps est pluvieux et très couvert.
Depuis plusieurs jours, le pilote auto ne fonctionne pas. Il ne capte pas le signal Gps. Durant cette matinée du coup les hommes s'attèlent à une opération de diagnostic avec le support d'Anne-Gaël qui recherche des infos sur le net.
Il y a aussi la fuite d'huile hydraulique à réparer. Démontage en cours dans la bonne humeur.
Lever tardif : presque 10h , la veille la navigation a été longue et avec le jour continu, nos horaires sont décalés.
Le temps est pluvieux et très couvert.
Depuis plusieurs jours, le pilote auto ne fonctionne pas. Il ne capte pas le signal Gps. Durant cette matinée du coup les hommes s'attèlent à une opération de diagnostic avec le support d'Anne-Gaël qui recherche des infos sur le net.
Il y a aussi la fuite d'huile hydraulique à réparer. Démontage en cours dans la bonne humeur.
Dans l'après-midi, descente à terre.
Un des gardiens du parc national sort de la cabane à proximité et vient à notre rencontre. Il nous donne quelques infos et nous dit que sur une île du nord des ours sont présents, dégustant une carcasse.
Voilà notre objectif pour demain.
Sur le site, il reste des vestiges de tombes de chasseurs de baleine et des fours où l'on brûlait la graisse de baleines pour en faire de l'huile.
Rien de franchement visible sur le terrain, des semblants de cercles de terres entourée de pierres.

Nous allons et venons sur la plage et son pourtour, sans grimper avant les cols, des fois qu'un ours soit juste de l'autre côté.
Nous observons avec plaisir Athos, les glaçons alentour, un phoque et des oiseaux, dont certains que je découvre comme le Plongeon Catmarin :
Le couple a glissé sur l'eau dans un ballet tendre comme le silence
Un iceberg fondu dans la transparence
Une sterne a foncé sur Philippe. Est-ce le fusil pointé plus haut que sa tête qui l'a agacé. Philippe tombe en voulant lui échapper. Heureusement pas de grosse blessure.
En fin de journée, Galathée, un bateau français arrive au mouillage. Nous avions rencontré le propriétaire à Finnsnes il y a plusieurs semaines, puis nous l'avions recroisé à Tromsø et à Skjervoy.
Nous invitons donc Laurent et Shuan, sa compagne à partager un apéritif.
Eux ont déjà été tout au Nord, sans rencontrer les ours. Ils sont sur le trajet pour repartir vers le Sud. Nous échangeons nos informations respectives et la soirée dure...
Lundi 7 juillet
Exploration vers le front d'un grand glacier qui vèle beaucoup d'icebergs. C'est à lui que l'on doit ceux qui étaient présents au mouillage.
Entre ciel et mer, un éclat de lumière déferle sur la haute terre.
Nous prenons la direction nord et allons chercher les Ours. Plein d'espérance et de frisson à l'idée de les trouver enfin, et une pointe d'appréhension dans l'éventualité d'un rendez-vous manqué.
Nous approchons de l'île de Dantskoya
Est-ce là que le guide nous a indiqué leur présence. Certains disent oui, d'autres je ne me souviens pas, j'ai pas bien compris ou encore non c'est la deuxième île !
Il a dit que c'était à la balise rouge, mais des balises rouges il y en a trois successives, dont une sur cette île plus au nord Amsterdamoya que nous apercevons au loin. On devrait apercevoir une carcasse avec les oiseaux autour.
C'est une carcasse de baleine, pas de renne. Non, il a dit je crois Walrus c'est une carcasse de Morse.
Nous scrutons assidûment la côte, rien à la première balise, rien dans la baie suivante. Nous apercevons un zodiac avec une dizaine de personnes vers la balise triangulaire rouge d'Amsterdamoya à 6nM. Cela laisse supposer qu'il y a quelque chose à voir.
Il nous faut 1 heure pour rejoindre l'endroit.
Arrivant à proximité, l'un de nous voit une masse blanche qui franchit une petite hauteur à l'arrière de la bande de sable où se trouve la balise. C'est lui, l'ours polaire.
Je prends des jumelles et finit par le repérer quelques secondes avant qu'il franchisse la crête et disparaisse.
Oh! Non.
Les occupants du Zodiac descendent à terre, il est vrai qu'à 12 ils forment une masse qui en impose. En fait l'ours n'est pas sur cette langue de terre, mais assez loin derrière sur une autre baie.
À proximité le groupe de touristes va approcher une belle colonie de morse qui forme une masse de corps et de défenses sur la pointe.
Les touristes du Zodiac, les pieds dans l'eau pour approcher les morses, les ours ne sont pas loin.
Avec Athos, nous nous rapprochons du guide resté dans son zodiac pour l'informer de la présence de l'animal, il est au courant et nous apprend qu'il y aurait un 2eme ours. Vite nous allons contourner le premier cap pour tenter de les voir derrière.
La quête reprend, rivés sur nos jumelles ou zoom d'appareil photo.
Et soudain, je le vois qui se déplace près du rivage. Et la féérie commence.
La quête reprend, rivés sur nos jumelles ou zoom d'appareil photo.
Et soudain, je le vois qui se déplace près du rivage. Et la féérie commence.
Le premier sera "Joueur" car nous le verrons d'abord jouer avec une bouteille plastique sur terre puis avec les algues en mer.
Pendant que nous déjeunons. Anne-Gaël, qui a l'œil affûté, a repéré dans ses photos que le premier ours photographié debout, n'a pas la même tâche sous la patte que sur ses photos suivantes. Tiens, tiens, y aurait-il un troisième ours.
Dormeur se réveille et rejoint notre Joueur qui sort de l'eau. Cela semble être l'occasion d'un câlin.
Joueur attend avant de rejoindre la curée.
Enfin joueur est accepté pour prendre part au festin.
25 nM parcourus dans la journée, dont beaucoup pour des allers retours devant les Ours et des contours de glaçons.
Quelle journée exceptionnelle.
Un grain menace, à l'ouest des îles.
Quelle journée exceptionnelle.
Un grain menace, à l'ouest des îles.
Nous le longeons, essayons un premier mouillage, qui n'est pas du goût du capitaine, 2 milles en plus et nous allons
mouiller vers le site de l'expédition Andrée ( Expédition suédoise en Montgolfière)
Île Albertoya.
Mardi 8 juillet
Nous reprenons la trajectoire Nord.
Nous avons bien l'intention de refaire une visite à nos ours.
10h30 : À la sortie du mouillage il y a 10 Zodiacs de 10 personnes environ, echappées d'un navire de tourisme qui viennent dans notre direction.
Nous sommes plutôt contents qu'ils n'aillent pas au même endroit que nous.
D'ailleurs nous faisons mine de montrer quelquechose en direction de l'île derrière laquelle nous avons mouillé.
Et à notre grande surprise nous y voyons vraiment un Ours qui grimpe la colline. À un quart d'heure près, nous l'aurions eu au-dessus du mouillage.
Ne souhaitant pas nous mêler aux dix zodiacs, nous rejoignons le site de la veille.
2 voiliers sont au mouillage dont Kyle, le copain américain à qui nous avions signalé les ours.
Nous prenons place non loin de lui.
Nous retrouvons Joueur dans l'eau, et Dormeur probablement, toujours endormi à terre. Nous sommes moins proches qu'hier, mais profitons encore du spectacle jusqu'au début de l'après-midi.
mouiller vers le site de l'expédition Andrée ( Expédition suédoise en Montgolfière)
Île Albertoya.
Mardi 8 juillet
Nous reprenons la trajectoire Nord.
Nous avons bien l'intention de refaire une visite à nos ours.
10h30 : À la sortie du mouillage il y a 10 Zodiacs de 10 personnes environ, echappées d'un navire de tourisme qui viennent dans notre direction.
Nous sommes plutôt contents qu'ils n'aillent pas au même endroit que nous.
D'ailleurs nous faisons mine de montrer quelquechose en direction de l'île derrière laquelle nous avons mouillé.
Et à notre grande surprise nous y voyons vraiment un Ours qui grimpe la colline. À un quart d'heure près, nous l'aurions eu au-dessus du mouillage.
Ne souhaitant pas nous mêler aux dix zodiacs, nous rejoignons le site de la veille.
2 voiliers sont au mouillage dont Kyle, le copain américain à qui nous avions signalé les ours.
Nous prenons place non loin de lui.
Nous retrouvons Joueur dans l'eau, et Dormeur probablement, toujours endormi à terre. Nous sommes moins proches qu'hier, mais profitons encore du spectacle jusqu'au début de l'après-midi.
Départ pour l'extrémité Nord qui marquera la moitié de notre périple.
Alors que je me repose dans la cabine, le capitaine m'appelle, relayé par Claude qui affiche un sourire malin aux lèvres. "Vite il y a une photo exceptionnelle à faire", me dit-on. Je me presse donc pour m'habiller et rejoindre le carré extérieur où les quatres autres sont déjà. En fait, nos trois gaillards, espiègles comme des gamins, ont fait un léger détour de 10 à 12 nM pour aller franchir le 80 ème de latitude Nord.
Bravo l'équipage.
Face à nous, à 600 nM c'est le pôle nord.
La banquise est au 82 ème cette année soit à 120nM de notre position.
Nous reprenons la trajectoire vers le Sud qui signe ainsi le début de notre retour. Nous avons 3 grosses semaines devant nous pour rejoindre la Norvège.
Nous avons la visibilité de tout le front nord du Spitzberg qui déroule sa guirlande de montagnes sombres irisées de neige, de quelques mousses et de glaciers.
La banquise est au 82 ème cette année soit à 120nM de notre position.
Nous reprenons la trajectoire vers le Sud qui signe ainsi le début de notre retour. Nous avons 3 grosses semaines devant nous pour rejoindre la Norvège.
Nous avons la visibilité de tout le front nord du Spitzberg qui déroule sa guirlande de montagnes sombres irisées de neige, de quelques mousses et de glaciers.

Arrivée à 18h30 au mouillage de Lingbukta.
Alors que nous abordons l'entre apéro -diner. Le capitaine nous annonce pour les prochains jours une météo très défavorable. Nous avons absence de vent jusqu'à demain 17h puis plusieurs jours de vent du sud, soufflant à 20 nœuds et plus contre nous.
Il faudrait quitter cette zone Nord où le vent sera le plus soutenu et idéalement franchir la distance sans abri jusqu'à la baie de Ny-Alesund avant demain soir. Si ce n'est pas possible nous envisageons en fonction de l'évolution de rejoindre la baie Magdalena.
Nous décidons donc de repartir immédiatement pour profiter de l'absence de vent pour rejoindre dans un premier temps Amsterdamoya.
Les hommes reprennent donc le pilotage à 21h30.
Arrivée 24h40 devant le coin des ours. Dormeur seul est là.
Mercredi 9 juillet
Départ 8h30
Une longue navigation est planifiée pour rejoindre le Fjord de Ny-Alesund. Le vent ne sera pas avec nous, mais pas hostile non plus, c'est déjà cela.
A l'approche du mouillage de Ebeltofthamna après 50nM de navition, au moteur hélas.
La galerie des portraits de l'équipage (auteur Michel)
Jeudi 10 Juillet
Pêche esthétique mais non gustative. Après identification c'est un chaboisseau à épines courtes !

Autour du mouillage :
Non loin du mouillage, il y a un campement de trois grandes tentes de groupe, une dizaine de personnes y sont visibles.
Nous décidons d'aller leur faire une petite visite et par la même occasion de mettre pieds à terre. Cela fait un moment que nous ne l'avons fait.
Nous accostons en annexe et commençons à arpenter les environs, attentifs au terrain. Nous sommes en train de photographier avec intérêt une roue rouillée dans le paysage, du plus bel effet. Anne-Gaël identifie au loin une tâche claire et nous alerte : Qu'est ce que c'est ?
C'est trop gros pour un ours répond Claude, peut-être un renne.
Mais cela se met à bouger. Examinant cela avec un Zoom, l'affirmation tombe. C'est bien un ours. Il est à 500m.
Avant de voir l'ours, la tâche claire indiquée par la flèche, nous sommes dans l'insouciance :
Nous voilà contraint de regagner l'annexe sans traîner. Notre sortie se trouve bien écourtée. Retour au bateau, dans le calme en restant vigilant. Nous le gardons à l'œil pour voir s'il emprunte notre direction. Je prends un peu les devants pour retourner à l'annexe, car j'avance moins vite que les autres. Nous allons observer ce grand mâle à loisir depuis Athos. Il se rapproche d'ailleurs du campement. Mais les occupants ont l'air serein. L'un d'entre eux veille, fusil en main. L'ours garde ses distances. Nous émettons l'hypothèse qu'il a été déjà tenu à l'écart par des avertissements (pétards ou tirs)
Cet aller retour à terre express nous a bien fait rire. Surtout le "c'est trop gros pour un ours" qui va rester je pense notre expression fétiche.
En réalité, l'ours attaque rarement, il est prudent. Il serait très rare qu'il prenne des risques et il n'attaque pas quand il y a plus de 2 personnes. Mais, bon, quand même, on ne va pas vérifier !
Nous effectuons quelques allers retours avec Athos pour observer à loisir notre ours
Il est remarquable et prend des attitudes étonnantes dans son sommeil.
Ours en pleine relaxation. Ne pas déranger !
Bon, allons voir ce que me veulent ces humains.
Non ce n'est pas le tapis du salon, c'est vivant.
Ah! tiens, ils repartent déjà, c'était bien la peine de me déranger.
Nous nous déplaçons vers un autre mouillage à 8 nM, Signehamna.
Autre sujet qui nous amuse beaucoup : la préparation longue que nécessite nos descentes à terre. Cela mériterait un film !
Il durerait presque 30 minutes. Il nous faut détacher et descendre l'annexe à l'eau, préparer nos vêtements étanches et les bottes, mettre le matériel, téléphones, jumelles, appareils photos, dans les sacs étanches. Penser aux gants, bonnets, lunettes... Puis emmener les pétards, fusées et pour finir le fusil avec ses cartouches et mon bâton qui m'aide encore bien à soulager mon genou.
Deuxième descente à terre donc, cette fois-ci pas d'ours en vue. Nous observons néanmoins des traces en bordure de plage.
Nous faisons de multiples autres rencontres : un magnifique renne solitaire, deux renardeaux qui courent à toute allure poursuivis par des oiseaux et un phoque allongé sur un morceau de banquise persistante. La baie est réputée pour garder sa banquise assez longtemps.
Encore une journée pleine de surprises et d'émotions.
Kriegsmarine ! (Marine de guerre allemande)
Un phoque annelé sur le morceau de banquise, vigilant, l'ours n'est pas si loin.
Bruant des neiges
Homo sapiens en exploration.
Dépouille de phoque, probablement il aura fait le festin d'un ours.
Ce matin encore une visite imprévue : Anne-Gaël aperçoit un ours sortant de l'arrière d'un rocher, il est assez proche du bateau, et de l'endroit où nous étions à terre hier. Il gagne la mer très vite, nage derrière nous sans s'approcher du bateau, il parcourt 700 m en une douzaine de minutes puis regagne la terre sur une autre rive, pour disparaître dans une autre baie.
Ours à la nage :
Avec le zoom 800 c'est mieux.
Départ en début d'après-midi pour une visite près d'un immense glacier, le glacier du roi : 7km de large. Nous l'entendons gronder à intervalles réguliers et nous apercevons quelques chutes de séracs. Il est difficile d'approcher autant que nous l'aimerions car les grolers sont assez gros et nous sommes dans une zone non cartographiée.
Nous admirons un long moment cette énorme bête qui rugit avançant ses entrailles bleues, fissures et saillies ouvertes face à nous.
Formes et couleurs captivantes
Chute de séracs :
Vols au dessus de la mer de glace démontée !
Nous nous rendons ensuite dans un autre enclave du Fjord où un glacier très différent dévale des hauteurs sur une pente plus aiguë. Sa langue étroite est plissée et torturée par les montagnes qui l'enserrent.
Guillemot de Brünnick saisi par le capitaine.
27nM parcourus dans la journée et nous retournons au mouillage d'ebeltofhamna où nous étions avant hier soir.
Arrivée à 22h, heureusement les pâtes sont cuites ! Quoi de meilleur qu'un dîner de pâtes quand on a eu froid.
Samedi 12 Juillet
Dès son réveil, le capitaine prend un bain arctique, si, si, il est capable ! Température estimée 4 ou 5 °C
Et un !
Et deux !

Alors que nous évoquons les ours, se faisant la remarque que chaque fois que nous en parlons ces derniers jours nous en voyons, Philippe monte sur le pont et, miracle un ours vagabonde dans le environs.
Mais que dis-je ! Pas un ours mais trois, probablement une femelle suivie de sa progéniture. Ils ont dépassé le stade des oursons, probablement âgés déjà de plusieurs mois.
Ils entament une longue pérégrination le long de la côte.
Nous décidons de les suivre avec le bateau, nous n'avons jamais été aussi près. Personnellement je trouve encore plus émouvant de les voir davantage en direct, soit sans jumelles.
Quelques infos sur les Ours polaire :
Espérance de vie : 15 à 30 ans.
Il séjourne longtemps en mer et est même considéré comme un mammifère marin semi-aquatique.
il y en aurait 3000 au Spitzberg et il s'adapte au changement climatique puisque sa population ici augmente d'année en année. Il diversifie son alimentation : moins de banquise donc moins de phoques, en conséquence
il apprend à chasser le renne, le morse, le béluga et consomme parfois des oeufs d'oiseaux voire des baies, racines et même les déchets des hommes dans les villes où ils s'aventurent parfois, bravant les gardiens.
Les femelles mettent bas à partir de décembre jusqu'en février. Elles ne mettent bas qu'une fois tous les trois ans et élèvent leurs oursons pendant deux ans, ceci explique pourquoi nous voyons des femelles accompagnées de jeunes ours déjà imposants.
Notre trio arrivent bientôt en un lieu où ils marquent une pause.
La mère semble nous ignorer, les petits en revanche nous regardent à plusieurs reprises. Ils sont parvenus à une baie où il y a une cabane avec deux personnes aux environs. La mère ourse choisit la voie de la mer pour poursuivre. les voilà qui nagent tous les trois pour remonter en face et s'en aller encore plus loin.
Les trois ours en mer :
Nous repartons en direction de krossfjorden vers le Glacier du 14 juillet ( nommé par Albert 1er de Monaco en l'honneur de notre fête nationale lors d'une expédition en 1906.)
Le glacier est magnifique, l'endroit magique, nous avançons au milieu des icebergs et cherchons le bon plateau pour mouiller.
La zone n'est pas précisément cartographiée et l'eau est laiteuse comme toujours à l'approche des glaces. Nous ne lâchons pas des yeux le sondeur. Nous repérons un plateau entre 8 et 10 m mais le nombre du sondeur remonte, nous reprenons de la profondeur. Puis à nouveau, 10m. Cela semble durer, parfait pour mouiller. Néanmoins, il y a une petite baie à l'entrée étroite que nous aimerions tenter. Nous la tentons, le sondeur indique une profondeur qui diminue jusqu'à 1 m. C'est trop peu si l'on tient compte de potentiels bancs de sables ou de cailloux. Le capitaine amorce un demi-tour pour rebrousser chemin. Et Athos touche le fond, s'immobilise. Nous voilà échoués.
Je l'avoue franchement, je suis loin d'être sereine, surtout lorsque Claude annonce que nous sommes déjà à marée haute. Le capitaine tente encore de sortir en poussant le moteur, non cela ne marche pas.
J'ai le ventre noué et quelque chose en travers de la gorge.
Nous enchaînons les actions : descente de l'annexe, mise en place de l'ancre au milieu du passage plus profond. Tentative à nouveau en tirant Athos par l'ancre. Athos bouge un peu mais s'immobilise à nouveau. La marée a commencé à redescendre, plus rien ne peut être espérer.
Bon, il nous faudra attendre la prochaine marée haute, cette nuit, heureusement, elle aura 17cm de plus.
Dans nos manips, nous n'avons pas pu démarrer le moteur de l'annexe. Notre soirée ne manque pas d'occupations : réparation de l'annexe, allègement du bateau en emmenant à terre les bidons de fuel, la bouteille de gaz et toutes les bouteilles et bidons d'eau.
Préparation du départ de demain en ancrant Athos également vers l'arrière pour éviter qu'il soit poussé par le vent à l'écart du chenal central. Nous installons la deuxième ancre à terre, et la relions au winch du bateau par une double haussière de 60 mètres.
Nous n'oublions pas pendant tout ce temps d'admirer le glacier illuminé par le soleil, et les sternes, ces ravissantes créatures ailées, qui viennent pêcher à quelques mètres de nous.
J'arrive à me détendre un peu...
Notre confiance pour le lendemain est remontée.
Pendant ce temps un autre voilier est arrivé dans la baie principale du glacier. Nous les avisons par radio de ne pas chercher un mouillage proche de nous, car nous sommes échoués.
La réponse est franche et sans sympathie : Nous n'avons pas l'intention de venir là, cela fait douze ans que nous venons, nous connaissons les lieux. Terminé. Pas de message pour une aide éventuelle et même pas un Merci pour avoir averti.
Bon, c'est ainsi, parfois il est vrai que l'échange sur la VHF est court.
Quelques temps plus tard, un zodiac vient jusqu'à nous. C'est le Capitaine du voilier en question (L'Intrépido)
L'homme s'appelle Max, il s'excuse pour la froideur de l'échange avec son équipière, et nous tend une bouteille de Sancerre, sans autre forme de cérémonie.
Nous la boirons au dîner, cela fait du bien. Nous avons le temps de cuver jusqu'à 2h30 du matin, heure à laquelle nous tenterons de partir.
Autre fait incroyable, Max connaît l' Antarctique et bien sur Jean Monzo. Le célèbre, le fameux Jean Monzo, capitaine du Boulard, avec lequel nous sommes partis deux fois.
Dimanche 13 Juillet
Difficile de dormir, je récapitule les manœuvres que nous devrons faire pour assurer le départ sans autres dommages :
tendre l'amarre du Winch puis la relâcher sans risque qu'elle aille se prendre dans l'hélice. L'un de nous devra la récupérer dans le Dingy, remonter l'ancre avant au plus vite etc ...
Notre lever est prévu à 2h15 pour être à pied d'oeuvre à 2h30.
D'après nos calculs, nous devrions avoir la hauteur d'eau équivalente à l'échouage, puis la marée devrait progresser des 17 cm supplémentaires jusqu'à environ 4h00.
Tout ceci est sujet aux aléas du terrain, aux différences de marée entre ici et les valeurs données pour Ny alesund.
Dans les faits, à 2h nous sentons un choc du bateau, puis vers 2h10 d'autres mouvements, à 2h11, le capitaine est monté sur le pont, Claude aussi et Athos et déjà complètement flottant, en recul (heureusement) retenu par nos deux amarrages.
Là, tout va très vite : moteur en marche, Michel fonce lever l'ancre. L'amarre arrière est déjà détendue, elle est jetée loin du bateau. Athos avance déjà. Nous le sentons toucher encore un peu le fond, mon ventre fait un nœud, puis nous franchissons le passage délicat et nous retrouvons dans 5 m d'eau. Nous mouillons à nouveau.
Michel et Claude vont bientôt avec l'annexe récupérer tout le matériel laissé à terre : l'ancre arrière, les haussières, les flotteurs qui nous avaient permis de marquer les rochers dangereux la veille et tous les bidons.
Ouf ! Nous voilà assez fiers d'être sortis de là.
Nous allons sur le plateau de 10m en sécurité pour dormir enfin sereins.
Descente à terre vers le glacier. Jolie rencontre avec un phoque sur le bord de plage.
Les lumières sur le glacier sont belles !
Traces d'ours vues à terre, néanmoins nous poursuivons la ballade, bien armés et aux aguets permanents
Milieu de l'après midi, il est temps de rejoindre Ny-Alesund, contre le vent, sur 14nM.
Belle place au ponton. Eau, électricité et douches divines nous attendent.
Lundi 14 Juillet
Vive la France !
Journée détente, bien méritée.
Boutique, musée, petite ballade.
A la périphérie du village :
Le train de l'ancienne mine de charbon qui a fonctionné jusqu'en 1963
Nobile avait aussi piloté le dirigeable NORGE dans lequel Amundsen atteignit le pôle.
Amundsen a disparu en Mer de Barents en mission de sauvetage et de recherche de Umberto Nobile ( lors du 3eme vol l'Italia s'était écrasé en mer)
4800 cylindres de 160 kg d'hydrogène furent nécessaires pour le dirigeable NORGE.Des le début du 20 ème, Ny Alesund est déjà bien peuplée par les familles de mineur.
En 1935, les activités s'ouvrent à la pêche et au tourisme dans le Nord pôle hôtel qui existe encore aujourd'hui.
Depuis le début du siècle, c'est la grande épopée des trappeurs chasseurs du Spitzberg.
Vers la fin du siècle les scientifiques arrivent avec leurs études dans toutes les disciplines : espace, climat, géologie, biologie, ornithologie, océanologie etc...La recherche reste encore aujourd'hui la raison d'être de Ny-Alesund.
Nous allons d'ailleurs rencontrer quelques chercheurs ...
Et Vive la France !
Nous sommes invités à partager une petite fête de la communauté scientifique du coin dans laquelle il y a une dizaine de Français mais aussi des Allemands, des Hollandais.
En l'honneur de notre fête nationale, ils proposent pétanque et pastis. Par contre les norvégiens interdisent d'afficher un drapeau étranger.
Ce moment est lunaire, tellement improbable qu'il en paraît irréel : jouer à la pétanque au Spitzberg, un 14 juillet, avec des scientifiques dont certains nous abreuvent de récits passionnants sur les organismes vivants et leur évolutions pour s'adapter à l'environnement.
Pétanque à gogo en territoire du Spitzberg. Dans un siècle cette photo pourrait faire mémoire dans un musée : 

La team Athos en plein jeu
Demain, nous poursuivrons notre redescente vers le Sud moyennant encore des étapes jusqu'à la Norvège et dans le mois d'août ce sera le retour en France.
D'autres aventures nous attendent, mais l'essentiel du Spitzberg a été raconté. C'était l'objectif de notre navigation. C'est un rêve accompli.
Ce long article marque un aurevoir.
Je termine le blog ici, je remercie l'enthousiasme des lecteurs assidus qui ont encouragé mon récit.










































































































































































































