2025 Etape 1 : 10e partie de Barentsburg à Pyramiden (villes russes du Spitzberg) via Longyearbyen (la capitale arctique)
Equipage : Anne Gaëlle, Michel, Claude, Philippe et Sylvie.
Vendredi 27 juin
Dernières images des renards de Barentsburg
Pour rejoindre Grumant, autre site minier soviétique dans la baie Colesbukta ( complètement abandonné en 1961 au profit de l'exploitation de la mine de Barentsburg plus productive.
Le hameau de Grumant est resté figé depuis et se dégrade inexorablement.
Pendant la navigation, nous faisons des détours au gré des rencontres des baleines Minke.

En général elles sont annoncées par un attroupement d'oiseaux qui volent en tout sens. Les cétacés semant des bulles dérangeantes pour les poissons, ceux-ci remontent en surface à portée de bec des sternes et des Goélands.
Puis un souffle se fait entendre et une courbe noire surmontée de la nageoire dorsale émerge de l'eau puis disparaît. A 3 reprises le plus souvent la baleine se rend visible et lorsqu'elle repart dans les profondeurs, son dos s'élève davantage hors de l'eau, elle se cambre pour plonger.
Nous atteignons le mouillage de Colesbukta. Un autre bateau d'une quinzaine de passager nous rejoint déjà. Apparemment l'endroit fait partie des points d'intérêt de croisière. Nous attendons que leur visite à terre soit terminée pour accoster à notre tour.
L'accès se fait par une échelle mise en place sur un ponton en piètre état, mais elle a l'air de tenir bon.

Je réussis malgré mon genou blessé à monter sans douleur en ne faisant travailler que le genou droit.
Le charbon, bien sur qui a coulé dans les veines, la sueur et peut-être les larmes des anciens mineurs de Grumant
Nous déambulons sur le terrain empêtré de restes de vie, au milieu des bâtiments désaffectés mais pas encore à l'état de ruines. Les toits sont encore en place au bonheur des sternes qui nichent sur l'un d'entre eux.
Il faut franchir quelques passages à gué pour aller plus avant vers d'autres bâtisses. Certaines sont fermées à clé et semblent être encore utilisées.
Nous restons un moment pour observer les oiseaux dans leur remue manèges.
Le goéland gourmestre : le plus grand goéland que l'on reconnaît à l'absence de pointes noires au bout des ailes.

Saxifrage cespiteuse
Samedi 28 juin
Départ à 9h00 pour une navigation de 15nM
Habitations de mineurs
Le port est archi fréquenté. Normal c'est la seule ville où il est possible de faire le plein de gasoil et de vivres au Svalbard.
Le ponton visiteur de 180m est plein avec beaucoup de voiliers déjà à couple.
Nous cherchons donc un voilier hôte qui n'est pas sur le point de partir.
Après avoir avancer, il nous faut revenir vers les premiers bateaux où nous avons repéré un vieux gréement belge adéquat pour accueillir les 14 tonnes d'Athos sur ces flancs.
Avec le vent, nous sommes poussés vers les bateaux. Nous devons amorcer un demi tour. Dans un sens, cela ne passe pas, le vent contrarie la rotation. En reculant vers le bord nous touchons légèrement les cailloux et enfin, le Capitaine prend de la vitesse pour virer.
Ouf ! Gros coup de stress.
L'amarrage contre le bateau belge se passe plutôt bien.
L'après-midi est consacrée à la logistique.
Michel et Anne Gaëlle par un système d'échange de maison ont trouvé un hôte chez lequel nous pouvons faire la lessive et prendre des douches. Ils s'occupent de la lessive. Claude Philippe et moi les retrouvons ensuite pour faire une partie des courses. C'est l'occasion de prendre contact avec la ville.
Le centre-ville est éloigné du port : 30 mn à pied.
La ville a des airs de station de ski moderne sans presque aucun charme.
Mais c'est comme ça. Je pense à la lecture d'articles sur son histoire que la ville est intéressante, il faudrait du temps pour la découvrir et comprendre la mutation qui s'opère.
Jusqu'alors la ville exploitait une mine qui a été fermée très récemment. Elle employait une centaine de personnes.
La ville est parsemée des équipements miniers apportant une ambiance particulière. On ressent ce monde qui franchit la porte du passé et cette perte pour ceux qui l'ont connu et aimé.
La population est de 2500 personnes.
Quel futur pour la ville : le tourisme évidemment. Les propositions sont multiples : les rennes, les Ours, les cetacés de l'isfjorden, les anciens sites miniers, les glaciers alentours etc...
Et même l'hiver avec de surcroît les aurores boréales qui sont parait-il exceptionnelles.
En fin de journée, le quai se vide et nous regagnons une place à l'avant du ponton qui sera plus favorable au départ. Nous nous retrouvons face à un drôle d'engin aux allures futuristes il s'agit du Tara explorer qui démarre ses explorations scientifiques. Coût du projet : 25 millions d'euros, durée : 20 ans. Missions : collecte de données pour toutes sortes de disciplines scientifiques.
Nous restons à Longyearbyen plus par nécessité que par choix.
Demain nous avons des formalités à faire : déclarer notre arrivée et confirmer le séjour.
Et aujourd'hui nous terminons le réappro des vivres et de l'eau.
Nous avons le temps d'une visite au Svalbard muséum.
On y trouve une présentation de la faune, quelques éléments sur les sites miniers.
Un vieux super 8 et d'anciennes photos sont projetés retraçant des moments de vie depuis le début du 20ème siècle.
Beaucoup d'histoires individuelles à lire de ces pionniers du Spitzberg, chasseurs pêcheurs, puis explorateurs mais aussi travailleurs de la mine.
Dont ceux qui ont menés des expéditions par mer mais aussi par les airs en dirigeable par un italien et par Amundsen ou encore celle des trois suédois, l'expédition Andrée en montgolfière .
Certains destins de femme aussi ayant le plus souvent accompagné leurs époux, leur rendant la vie plus douce. Elle soignaient la hutte et la cabane, préparaient les peaux, faisaient la cuisine, C'est en tout cas présenté ainsi.
D'autres femmes au destins plus extraordinaires, une américaine prenant part à des expéditions, une botaniste norvégienne, une manageuse d'hotel, et une française de 19 ans première femme à mettre les pieds au Spitzberg :
En fin de journée, nous visitons le Tara explorer
26 m de diamètre, 16 mètres de hauteur, 400m2 de surface sur 4 niveaux. La machinerie, le niveau partagé entre le local scientifique avec ses équipements et les cabines, la timonerie et les salles communes et tout en haut la passerelle d'observation.
Nous réalisons les déclarations d'entrée auprès des autorités du Svalbard : gouverneur et police. Puis profitons du déplacement pour visiter l'église du Svalbard à proximité.
Vues de Longyearbyen
La navigation se fait pour moitié à la voile dans un vent soutenu. Le fjord et ses montagnes offre un paysage très différent de ce que nous avons vu jusqu'alors.

Nous rejoignons Pyramiden qui dispose d'un ponton visiteurs que nous n'attendions pas.
Sur le panneau indicateur du port il y a une mise en garde explicite sur la présence possible des ours. C'est l'occasion d'envisager des scénarios pittoresques dans l'éventualité ou l'un d'eux nous ferait une visite en montant sur le pont du bateau. L'accès ne lui poserait aucun problème puisque nous sommes à quai. Nous récapitulons les outils pour l'effrayer avant d'en venir au coup de fusil : fusée de détresse, pétard, stylo alarme et nous ne l'avions pas évoqué : la corne de brume à pression qui fait un bruit d'enfer.
Certains récits sont rapportés par Anne Gaëlle et Claude évoquant des Ours complètement indifférents à ces outils dissuasifs.
Mais rassurez-vous, quand Athos est fermé nous sommes à l'abri à l'intérieur. Cette ville minière russe, malgré son presque total abandon, dispose d'un hôtel bar dans lequel nous devons aller pour payer le port. Nous irons donc demain et nous prendrons le fusil obligatoire.
Mardi 1er juillet
Tour dans la ville fantôme. La vue de ces bâtiments vides, de ces installations qui ne serviront plus, a quelque-chose de poignant. Nous imaginons ce que la ville a pu être, abritant les mineurs du charbon avec leurs familles. Les enfants jouant dans l'école. La dévotion muette, peut-être imposée au buste de Lénine est toujours froidement en place.
Cette ville de mémoire aux accents de rouille au cœur d'une nature farouche, entre la montagne minérale et le glacier, offre un paysage de toute beauté.
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Avec ma béquille je ferai quand même 12 000 pas, pas question de manquer cette rencontre avec l'histoire russe.
Au moment de quitter le quai, la rotation d'Athos collé au quai par le vent est rendue difficile. Le moteur d'annexe gêne la manoeuvre par sa proximité avec un élément du ponton.
Lorsque nous finissons pas faire le demi-tour en direction du Fjord, nous sommes dans une profondeur qui s'amenuise. Nous scrutons le sondeur qui affiche 1m 20 puis remonte. 1m20 c'est équivalent à notre tirant d'eau. Heureusement il y a la marge du pied de pilote de 80 cm environ donc c'est passé.

Le glacier est majestueux, il deroule ses séracs torturés, aux saillies bleues et profondes. Le soleil qui apparaît au travers des nuages le couvre d'étendues de soleil.
Son front arrive jusqu'à la mer la colorant de cette couleur glaciaire si particulière.
Par endroits, des pans entiers de glace dans leur chute ont laissé leur cicatrice bleue. D'autres séracs surplombant des cavités sombres paraissent prêt à tomber à leur tour.
Un grondement sourd parvient d'ailleurs à nos oreilles, mais nous ne voyons pas la chute de séracs qui en est probablement l'origine.
Nous allons dîner à l'hôtel, seul bâtiment encore vivant de la ville. C'est ici que toutes les activités touristiques sont proposées : hébergement, bar, restaurant mais aussi sauna, excursions guidées de la ville, de la mine, vers le glacier et randonnées.
Nous choisissons des plats et des desserts russes. Certains sont très bons d'autres moins.
L'occasion pour moi de manger des Pancakes russes accompagnés de lait concentré et de baies rouges sucrées. ( Le dessert préféré de Sacha, le héros principal de mon roman )
Je ne supporte plus les coups incessants du bateau qui s'écrase sur les défenses, ni le bruit de la houle contre la coque.
Il y a des moments comme ceux-ci qui rendent dingues.
Pourtant, le vent reste modéré ( 20 nœuds maxi) par rapport à celui qui sévit à 25 milles d'ici, à Longyearbyen : 46 nœuds annoncé dans les prévisions.
Je m'endors un peu avant minuit, pour me réveiller 2 heures plus tard, le corps tendu sous les coups du bateau encore plus forts.
La houle fait tanguer Athos, j'observe son balancement sur la ligne du bâtiment visible à l'avant par les hublots. Une ligne qui monte et descend sans cesse. Des coups de boutoirs qui se répètent encore et encore. J'ai mal à la coque d'Athos. Et malgré l'absence de nuit, mes idées sont noires. Comment allons nous quitter le quai demain ? Comment sera la houle plus à l'ouest dans le Fjord, après la tempête
Les autres ont l'air de dormir. C'est mieux, car c'est eux qui effectuerons les manoeuvres.
Nous verrons cela ... à suivre
































































































































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