
Nous avons la possibilité de mouiller à Straumhamn plus au Sud mais il faut tirer des amarres à terre. Avec ce vent et à deux la manoeuvre nous paraît délicate, nous optons pour le mouillage suivant Dalsvaer.
Nous entrons dans la baie intérieure en pensant que les rafales vont cesser, nous nous enfonçons tout au fond de la baie où une bonne partie de l'espace libre est occupé par de petits pontons de pêcheurs et par les locaux. Le vent assez fort est toujours là où nous pourrions mouiller. Avec regret car l'endroit est magnifique, nous décidons de poursuivre jusqu'au port de Skutvika à l'extrémité Sud d'Hamaroya.
Arrivée à Skutvika à 20h30 après une belle navigation à la voile de 34nM.
Oui mais Zut ! plus de place au ponton visiteurs. Il n'est pas possible de rejoindre un autre port ou un mouillage tranquille avant la nuit. Nous nous préparons à nous mettre à couple d'un autre voilier. C'est une manoeuvre toujours un peu plus délicate, Athos est lourd, il faut prendre surtout soin de l'autre bateau et il y a du vent.
Bonne surprise, finalement l'équipier d'un chalutier, amarré en bout du ponton, nous fait des grands signes, il est sur le point de libérer sa place.
Pour l'amarrage nous sommes éloignés du quai. Sylvie a préparé une amarre à mettre au Winch pour rapprocher le bateau si nécessaire.
Malgré la manœuvre serrée du capitaine, Athos s'écarte déjà du ponton. Munie des deux amarres avant et arrière, Sylvie saute d'assez loin sans accroc. Elle fixe rapidement l'arrière par tour mort et demi-clé, puis l'avant. Pour terminer Philippe lui lance une amarre passée au winch qui facilite grandement le rapprochement du bateau.
Voilà, nous sommes bien installés, l'endroit est splendide.
Coucher de soleil exceptionnel et pâtes aux girolles. "Elle est pas belle la vie !" comme diraient Jean et Philippe, "quand elle le veut" ajouterait plus réalistement Sylvie.
Face au soleil, les montagnes à l'intérieur d'Hamaroya rosissent plus délicatement.
Bilan de la journée: 3h de randonnée, 3 kg de girolles, 6h30 de navigation, 33 nM à la voile, belles manœuvres à 2.
Ce n'est pas de tout repos mais c'est que du bonheur.
Mercredi 4 septembre :
Journée repos. Cueillette de groseilles puis tri des champignons, et préparation de confitures.
Petites ballades dans le coin.
Un Norvègien qui habite à côté du port, nous indique la présence d'une oeuvre de Skulturlandskap à 30 mètres derrière les rochers qui bordent la plage. Heureusement car elle n'est pas indiquée aux alentours.
Athos sur le ponton de Skutvika.
La sculpture Stella Maris
Ce monsieur très sympathique nous propose de consulter des livres sur ces oeuvres que l'on trouve dans le Nord de la norvège et dont nous avions eu un aperçu photographique à Bo (3eme partie étape 2 de 2024)
Pourquoi se priver d'un nouveau coucher de soleil magnifique ?!
Jeudi 5 septembre :
Les pigeons terminent leur sommeil...
Départ 10h30 pour rejoindre Bogoy à 8,5 nM , vent contre donc moteur.
Arrivée à 12h00
Après le déjeuner et la presque traditionnelle sieste.
Nous partons crapahuter sur une partie de la colline derrière nous. Le chemin balisé est coupé voire anéanti par une Carrière en cours de construction, enfin nous le supposons.
Nous réussissons à contourner et à rejoindre le sentier plus en amont. Ceci nous vaudra des passages "hors pistes" ou dans celles des moutons bien scabreuses et surtout marécageuses.
Mais la vue est belle et les cueillettes aussi : myrtilles, pied de moutons et girolles.
La boîte à clé étant cassée, nous pouvons ouvrir l'église et voir donc son intérieur simple et charmant.
Nous prenons un peu de hauteur
Nous rentrons trois heures plus tard bien fatigués. Sylvie utilise son énergie restante pour la confection d'une tarte aux myrtilles à la pâte sablée recouverte d'un peu de confiture de groseilles faite il y a peu. Délicieux !
Voilà nos champignons suspendus pour le sèchage avec le petit chauffage ventilo que nous allumons chaque fois qu'il y a l'éléctricité au ponton.
Les gourmandises avec les cueillettes de groseilles d'une part et de myrtilles d'autre part. L'occasion toute première de faire une pâte sablée sur le bateau.
Nous sommes amarrés à 4 mètres à peine du ferry
lorsqu'il est à quai !
Vendredi 6 septembre :
Départ à 14h00 pour 20nM.
Au moment d'appareiller, lorsque Sylvie largue l'avant l'amarre se bloque entre 2 planches de bois du ponton.
L'arrière s'est déjà écarté du ponton.
Une seule solution, sauter à nouveau à l'avant. Le capitaine fait une marche avant pour cela.
Déblocage de l'amarre en la maintenant suffisamment pour garder le bateau assez proche et pouvoir remonter en s'accrochant à la filière. Sylvie s'exécute difficilement mais avec succès. Ouf !
Départ de Bogoy, nous franchissons le pont.
Navigation au moteur essentiellement car le vent est le plus souvent contre nous.
Encore beaucoup de rafales flirtant les 30 nœuds, c'est très inconfortable même en l'absence de houle. Le ciel est sombre, chargé de grains. Ambiance un peu noire.
Les cormorans veillent, nous ne savons quoi ...
Malgré le temps capricieux, nous poursuivons au delà de Nordskot où nous étions déjà venus début août pour rejoindre Helnessund.
Il y a des douches et machine à laver
Nous sommes contents d'y arriver à 18h.
Petite cabane accueillante, où nous trouvons tous les services, dotée en sus d'un salon avec cuisine. Nous en avions trouvées d'autres comme celle-ci pendant notre périple, il s'agit souvent de lieux d'accueil du club des locaux. Il est agréable de s'y poser pour lire ou bloguer.
Toujours ces belles lumières de fin de journée sublimées par le souvenir très récent des nuages noirs sous lesquels nous avons navigué.
Athos est au bout du ponton :
A noter : Suite au rinçage abondant du trou d'évacuation d'eau du carré extérieur où se situe le piquage d'eau de mer pour refroidissement moteur, le bruit suspect que nous entendions depuis de nombreux jours a disparu.
Samedi 7 septembre :
Corvée de lessives. Eh oui, après les équipes successives il y a beaucoup de literie à laver.
Nous anticipons car nous aurons beaucoup à faire à Bodo avant le carénage.
Quelques courses au Coop local, à proximité j'observe le départ des locaux et des derniers vacanciers en ferry. Ici c'est le transport en commun par excellence lorsque le trajet par la route est très long voire inexistant.
Un aigle à proximité du mouillage
Petite balade l'après-midi, nous nous élevons à 130 m pour admirer les environs et biensur nous ne rentrons pas les mains vides. Girolles et 5 à 6 cèpes.
Mise au séchage immédiat des premières, les seconds garniront nos assiettes dans les jours à venir.
Cèpes et Girolles sont au rendez vous !
Pour que la famille ou les amis se régalent. Sèchage en route.
Dimanche 8 septembre :
Départ à 8h45 pour 17nM de navigation.
Navigation avec pluie abondante. Mais la météo aura bientôt raison car le soleil et une température très estivale reviennent bien vite dés notre approche de Kjerringoy
Nous utilisons le gênois sans moteur pendant une petite heure, c'est déjà ça.
Pêche miraculeuse : en 5 minutes à peine, Philippe pêche 1 lieu puis un deuxième et pour finir 2 sur la ligne de leurres.
A peine le temps de mettre la canne à pêche dans l'eau que le premier poisson a mordu.
Arrivée à 11h45 à Kjerringoy, cette presqu'île n'est pas reliée au continent par la route, il faut emprunter le ferry. Les annonces touristiques à Bodo regorgent d'excursions pour venir ici : randonnées, plages, pêche, observation des aigles...
Mais à cette période de l'année nous ne sommes pas gênés par la foule.
Le temps est sublime, nous allons dans un restaurant bien coté. Un buffet thaï, pour changer un peu.
Une vraie belle surprise on se régale, attablés sous un parasol.
Bière locale de Bodo :
Le dessous des cabanes !
Un écrivain norvégien réputé : Knut Hamsun, en statue avec ses lunettes.
Hélas, les norvégiens qui l'adulaient ont été choqués car c'était un admirateur d'Hitler et un partisan du 3eme Reich. Il qualifia élogieusement Hitler, après sa mort en 1945, de guerrier pour l'humanité. Toute une histoire interpellante à lire sur le net ...
Les norvégiens l'ont jugé et même interné pour troubles mentaux suite à ses actes mais conservent ses travaux, notamment sur la psychologie pour leurs valeurs scientifiques.
Un centre lui est dédié sur Hamaroy à Oppeid
et un musée de photos et films dans
Petite sortie tranquille l'après-midi.
Il y a ici un musée : le trading post et des galeries d'art, mais elles n'ouvrent que le dimanche hors saison et ferment tôt, 15h ou 16h.
Ce sera pour une autre fois.
Voici notre environnement.
Le site du Kjerringoy old trading post avec toutes ses cabanes musées.
Le capitaine se baigne, Sylvie non, elle a connu des eaux tellement limpides qu'elle devient difficile.
Les jolis drakkars dressent leur mat au soleil.
Attention à rester bien équilibrée sur d'étroits et branlants catways !
Dents effrayantes dans Gueules de morue !
Lundi 9 septembre :
Le capitaine a prévu un départ à 14h.
Quelques minutes avant, alors que nous préparons le largage des amarres, un Norvègien attentif vient nous mettre en garde.
Il est vrai que le calme du matin à cédé la place à quelques rafales à 20 nœuds dans le port.
Mais selon cet habitué de la région, nous risquons fort d'avoir des rafales augmentées de 10 nœuds sur notre trajet vers le sud.
Plusieurs phénomènes entrent en ligne de compte : le vent de Sud, Sud est est un vent de terre créant des vents catabatiques des lors qu'il franchit les montagnes, de plus nous allons passer près de la sortie du Fjord de Mistfjorden où les vents contraints sortent avec fureur soulevant des embruns arrachés aux déferlantes.
Enfin, les rafales et le vent seront soutenus aussi dans le passage entre l'ile de Landegode et le côte au Nord de Bodo.
Bon, bon, nous fronçons les sourcils. Doit-on partir ?
Cela signifie avant tout que nous devons rester très prudent si nous hissons les voiles.
Nous décidons d'y aller tout de même. Les jours suivants ne seront pas plus calmes et nous devons être à Bodo pour se préparer à la mise à sec.
14h15 : nous partons.
Dés que nous longeons la première montagne au sud de Kjerringoy, nous subissons des rafales avec peu d'accalmie. Athos gîte comme si nous avions la voile et ce n'est pas le cas. Sur une rafale, l'anémomètre affiche 38 nœuds, soit plus de 42 nœuds de vent réel.
Nous restons prudent et poursuivons au moteur sans voiles, d'autant plus que nous aurons probablement du vent face à nous ensuite.
Après un moment plus calme : vent à plus de vingt nœuds, rafales à 26 tout de même. Nous approchons de l'entrée du Mistfjorden. La houle augmente mais pas trop heureusement, par contre le vent remonte et soulève des voiles d'écume sur la surface.
Cela dure longtemps et c'est pénible et beau à la fois. Le Capitaine garde la barre sans la confier au pilote auto pour parfois compenser la gîte.
Nous traversons risée après risée, à plus de 30 nœuds bien souvent et l'une d'elle à 45 nœuds en vent réel. C'est le maximum de ce que nous avons connu sur Athos !
Approche de Landegode :
Nous devons prendre une décision : revenir à Kjerringoy, poursuivre en passant entre Landegode et le continent, mais avec le risques de rafales et de houle qui forcissent ou bien, 3eme solution : passer à l'ouest de Landegode, c'est plus long de 7nM. Ceci devrait couper la houle. Quant au vent ? difficile à prévoir, néanmoins dans un cas critique nous pourrions abattre vers le large.
Nous choisissons cette troisième solution. Le vent restera virulent sans toutefois atteindre le niveau des rafales précédentes.
Morceaux de ciel !
Landegode est grandiose. Au bout d'un de ses sommets un rocher semble comme en suspension.
Phare à la pointe nord de Landegode :
Nous tentons d'accéder à un mouillage splendide au sud de l'île avant le port, hélas trop venteux. Puis finalement nous ne stoppons pas au port et poursuivons jusqu'à Bodo.
Entrée du mouillage, nous irons peut-être cet hiver
Passage sans escale devant le port de Landegode où nous avons un souvenir de Barbecue trés réussi avec Carole (fille de Philippe) et Anaïs, par un temps beaucoup plus clément.
Nous parvenons au sud de Landegode, que nous contournons pour les 6 derniers milles vers Bodo. Dernière ligne droite, enfin presque, si l'on fait abstraction des mouvements de roulis et tangages.
Couple d'aigle :
La traversée entre l'île et Bodo avec vent de face est encore bien mouvementée. Le film ne donne qu'une faible idée de la réalité.
Le ferry nous dépasse allègrement à l'entrée du dernier chenal pour Bodo.
Nous arrivons enfin à bon port, c'est le cas de le dire avec réconfort, à 18h à Bodo.
Soirée avec un journaliste Norvégien, Arne, extrêmement sympathique.
Il est journaliste sur les sujets criminels. Les hasards de rencontre tout de même. Philippe lui demande si dans le pays le plus sûr au monde qu'est la Norvège, il a vraiment beaucoup de travail.
Il restera avec nous jusqu'à une heure avancée, presque minuit. Un apéritif de bière puis Whisky écossais qu'il a beaucoup apprécié.
Quelques grignoteries auront fait notre repas.
A savoir, les Norvégiens ne consomment généralement pas d'alcool la semaine, il est strictement interdit (tolérance 0) quand on conduit.
Il nous dit que possèder de l'alcool sur notre bateau est interdit !
Réponse : la loi c'est une bouteille d'1l par personne. Nous avons embarqué successivement une douzaine de personnes sur Athos donc nous avons 12 bouteilles.
Nous lui avouerons plus tard avoir quelques cubis de vin cachés dans les cales en plus de celles dans le bar du bateau (situé sous la descente en cabine, cela fait toujours rire nos visiteurs)
Notre copain norvégien ne fera pas de délation.
Il nous a trouvé courageux d'avoir navigué aujourd'hui, cela fait toujours plaisir.
Mardi 10, Mercredi 11 septembre :
Passage à la bibliothèque avec une pause lecture dans un fauteuil douillet avec vue sur le port.
Concert d'orgue à la cathédrale :
Pour ceux qui aiment cette musique : Le final tonitruant sur les ciels de Norvège.
Travaux d'hivernage : pliage et rangement des voiles. Le gênois nous donnera un peu de mal, nous finissons par l'étaler sur l'ensemble du trottoir devant les pontons pour parvenir à le plier correctement, il est grand l'animal ! Un triangle de 15m x 8m.
Utilisation des palans à gogo : démontage moteur d'Annexe pour le mettre à l'abri dans le coffre arrière et rangement de l'annexe sur le pont avant. Ménage, rangement, etc...
Mais il n'y a pas que le travail dans la vie de Bateau.
Nous participons aussi à un moment d'accueil gratuit ouvert à tous dans un centre culturel. Les minorités immigrés en Norvège y offrent leurs spécialités (Samoussas, Nems, plats du pakistan ...) et vendent de l'artisanat.
Des artistes afghans donnent un concert. Un des artistes rappelle tristement que dans son pays la musique en public reste interdite par les talibans.
Nous remarquons que presque toutes les personnes ici parlent Norvégien.
Lorsque l'on veut être résident permanent, il est obligatoire d'avoir un bon niveau de langue norvégienne.
Gâteau confectionné par une Ukrainienne.
Philippe a osé demander une part en demandant la mer, ceci n'a pas été bien réceptionné car en Norvège les privilèges sont mal vus. Chacun doit être traité de manière égale.
Athos sans ses voiles au coeur de la ville.
Nous sommes un peu inquiets car nous n'avons pas revu notre copain, son bateau semble avoir été quitté rapidement, beaucoup de bazar sur le pont. Il n'y a plus qu'un vélo !
Il devait comme Philippe se renseigner pour la mise à sec. Où es t'il donc passé ?
Dans la journée Philippe propose à une française, Anne, avec qui il engage une conversation sur le quai, de visiter Athos. Elle est accompagnée d'un collègue masculin et d'une jeune fille.
En fait ils sont ici dans le cadre d'un accueil multiculturel par la ville de Bodo (capitale européenne de la culture de 2024)
Ils nous informent du spectacle qui aura lieu le lendemain et auquel participe leur groupe de Break dance: La compagnie par terre.
Jeudi 12 septembre :
Le spectacle de plus de 2h dans la galerie marchande est super.
La foule, il n'y en a pas et c'est agréable. Nous y retrouvons donc, entre autres le groupe musical afghan et la compagnie par terre.
Quelques extraits :
Les morues séchées ne servent pas seulement les estomacs mais aussi les oreilles. Quelle énergie pour la frappe !
Le groupe des afghans. Les voix féminines sont très belles et il y a des intonations asiatiques dans leurs chants.
Un groupe d'Erythrée.
Les Philippines sont représentées, tout en couleurs :
Et avec la "Compagnie par terre", la France et le Bénin associés dans une explosion de Break dance ont été très applaudis. Leur spectacle dure 45 mn non-stop, il se nomme Behind the line.
Après le spectacle, à la demande d'Anne tout le groupe vient visiter Athos ! Ils sont très contents et nous sommes ravis.
Philippe crée vite le lien avec l'un d'entre eux qui est originaire de Côte d'ivoire. Philippe a en effet été professeur pendant deux ans dans ce pays pendant la Copé.
Les plus jeunes viennent du Bénin, les adultes sont tous Parisiens. Les origines sont diversifiées : Anne s'appelle Nguyen (Vietnam), c'est une chorégraphe et danseuse contemporaine reconnue. Elle organise des spectacles dans plusieurs pays.
Une joyeuse bande sur le pont, Athos n'en croit pas ses yeux.
Sur la photo suivante Anne est à droite
Nuit sur Bodo
Au fait nous avons retrouvé Arne,parti en ferry à Ross (extrémité sud des Lofoten) juste 2 jours sur une envie subite.
Il fera une visite sur Athos en Octobre, mettra le moteur en route. Sympa...
Vendredi 13 septembre : Nous ne sommes pas superstitieux.
Mais cette journée débute mal.
À 9h nous nous présentons devant la cale de mise à sec. Le portique est bientôt en place prêt à recevoir Athos dans ses sangles.
Le capitaine engage la moitié du bateau dans la cale puis ralentit en passant la marche arrière. Le vent, qui était très faible depuis ce matin, a pris maintenant de la vigueur et choisit ce moment pour produire une rafale. Athos se met de travers heurtant le côté du coin de la cale.
Sylvie ne parvient pas à repousser le bateau.
Finalement, elle donne l'amarre avant puis une garde prise au milieu du bateau à un des gars de la mise à sec pour tenter de faire pivoter le bateau pendant qu'un autre gars avec Philippe pousse le côté opposé. Nous ressortons de la cale. Un opérateur reste sur Athos avec nous. Avec le vent, il est difficile de manœuvrer Athos en marche arrière dans le petit port adjacent à la cale où nous sommes engagés. Le gars qui nous accompagne habitué probablement aux bateaux à moteurs et aux voiliers modernes des norvégiens est très étonné mais il reste calme et efficace.
2eme manoeuvre : Philippe retente l'entrée dans la cale, cette fois ci en arrivant plus vite pour avoir de la motricité, en se décalant pour compenser le vent et en ne passant pas la marche arrière tant que les 3/4 d'Athos ne sont pas engagés.
Manoeuvre vraiment pas évidente et réussie !
Enfin Athos peut être sorti de l'eau. Mais des dégâts occasionnés par la première manœuvre d'entrée sont à déplorer : un chandelier plié, un arrachement de peinture et un arrachement des planches de l'extrémité de la cale.
Sylvie est affectée par tout cela, même si le capitaine ne cesse de la réconforter en affirmant que ce n'est pas grave. Tout peut être réparé.
Ci-dessous, en approche de la cale qui se situe à gauche entre les bâtiments gris et noir et avant le bateau blanc.
Le coin de la cale avec la dernière planche verticale que nous avons arrachée. L'autre planche manquante l'était déjà.
Le rituel de carénage débute avec un bon passage au Karcher
Dégâts suite au contact avec le haut fond dans le mouillage de fin juillet, juste des éraflures de peinture (l'acier n'est pas visible) à refaire, ce pourquoi nous sommes venus à sec.
Il faudra appliquer de nouveau un primaire sur des zones où les anciennes couches d'anti-fouling sont parties.
Voici Athos hors de l'eau
Nous avons désormais à réparer ce que nous pouvons dans l'immédiat en plus des travaux déjà prévus. Pour le chandelier, il faudra en trouver un autre et le commander.
Dés l'après-midi nous débutons le ponçage des zones à repeindre et l'application du primaire
Petite sortie vers le fort Nyholms dans la soirée au moment de la plus belle lumière.
Depuis le fort, la vue sur Bodo est très vaste.
Samedi 14 septembre :
Poursuite des travaux : la peinture bleu marine pour les zones hors de l'eau et l'anti fouling pour la partie basse de la coque. Sacrée gymnastique !
Et beaucoup de patience car il y a régulièrement de petites averses le Samedi. D'autre part sur certaines zones l'anti-fouling des années précédentes s'effrite plus que prévu. Il faut gratter à nouveau la coque.
Nos rouleaux s'usent à vitesse grand V et peluchent vite. Enfin avec le vent qui n'a pas cessé l'anti-fouling sèche rapidement dans le bac à peinture.
Dimanche 15 septembre :
Les travaux de peinture reprennent.
Des zones importantes doivent être grattées pour enlever les couches supérieures qui apparemment ont moins bien adhérées. Philippe a une lombalgie qu'il contient grâce à des anti-inflammatoires. Pas question pour lui de faire des contorsions pour aller gratter puis peindre la partie basse de la coque. C'est donc à Sylvie que revient cette tâche pénible.
Voilà Athos est soigné et remis en beauté.
Vers 16h30 nous partons faire une petite ascension vers cette jolie combe que l'on aperçoit lorsque l'on quitte Bodo par le Nord.
Nous empruntons un sentier balisé qui mène au Bestefarsvarden, au delà de la plage, il démarre par un petit escalier de bois.
Résidences colorées de la banlieue de Bodo avec de magnifiques balcons
Le petit quartier niché entre deux collines avec sa plage Vue depuis la mer lorsque nous naviguions puis vue aujourd'hui de près.
La vue superbe depuis le Bestefarsvarden
Athos est soulevé à nouveau dans les sangles, avant la peinture des zones cachées par les supports à terre.
30 minutes plus tard c'est la remise à l'eau.
Nous repartons prendre notre place pour l'hivernage dans la marina du centre de Bodo
Mardi 17 septembre :
Dernier jour à Bodo, fin de la saison
Demain c'est le retour via Lossiemouth en Écosse où nous retournons chercher notre camion.
Nous en profiterons pour prospecter des girolles.
Dommage de ne pas revoir Jiann et Marie qui ne seront pas là.
Mais avant tout cela, nous faisons le plein de produits norvégiens en prevision d'une rencontre familiale sur le thème de la Norvège que nous organiserons chez nous le 29 septembre.
Derniers clichés dans Bodo :
La mairie
Le plein de spécialités norvégiennes : 1 jambon de mouton, du poisson séché, des saucissons de renne, d'élan et de baleine, du brunost (brown cheese), du faux caviar en tube, de la confiture de Tyttebaer (airelles rouges) etc..
L'après-midi, nous profitons des dernières heures avec un passage au sauna et goûtons par la même occasion les fraîcheurs du bain de mer.
Puis nous assistons à un spectacle donné en extérieur avec 3 groupes :
Des danseurs de Hip hop, Sylvie ne s'en lasse pas.
Une chorale, la langue norvégienne chantée s'avere très douce et harmonieuse.
La journée se termine par un dîner à l'Egon juste face au ponton d'Athos. Intérieur chaleureux, bon repas, prix raisonnables.
Pas sûr que le Capitaine retrouve ce sourire en rentrant en France.
Une dernière rencontre faite par Philippe, et pas des moindres, avec l'équipage du beau vieux gréement aperçu un des quais de Bodo : Ocean Sherpa.
Le couple propriétaire du bateau à tout quitté pour proposer des croisières au Svalbard ( Spitzberg ).
Ils voyagent avec leurs deux enfants et un équipier.
Nous gardons précieusement leurs coordonnées, avec le projet de se retrouver l'été prochain.
Nous pourrons obtenir plein d'informations pour les mouillages au Svalbard.
Mercredi 18 septembre :
Aurevoir Athos
Le vent va souffler très fort pendant 2 jours.
Nous partons à 10h35 de l'aéroport de Bodo.
Moyennant 3 avions via Oslo puis Stavanger,
Au-dessus de Stavanger, ville très vantée que nous visiterons une autre fois.
nous atterrissons à Aberdeen en terre d'Écosse.
Au pas de course avec nos 4 sacs nous attrappons le bus pour la gare de Dyce.
1h30 de train jusqu'à Elgin puis un dernier bus de 30 mn pour retrouver Lossiemouth. Ce qui est remarquable c'est qu'il n'y a eu aucun retard dans toutes nos correspondances aériennes et terrestres.
Dernier bus vers 21h.
Aramis, notre camion nous attend, sagement garé dans High street près du logement de nos amis Jiann et Marie. Ils ont veillé sur notre véhicule depuis notre départ en Avril dernier. Hélas, ils ne sont pas là.
Nuit dans le camion sur le port.
Fredo (cousin de Sylvie) possède encore en photo le code d'accès des sanitaires de l'été dernier. Il nous l'envoie depuis la France.
Quelle journée !
Jeudi 19 septembre :
Merveilleuse, oui merveilleuse douche chaude de bon matin.
Petit-déjeuner sur le pouce dans le camion.
Lever de soleil sur le port.
Certains ont oublié que nous sommes à l'équinoxe et avec la pleine lune de cette nuit, le coefficient de marée est un des plus forts de l'année (115)
Du coup 2 pêcheurs sont échoués au beau milieu de la marina et attendent que la marée remonte.
Courses à Elgin pour ramener des
spécialités écossaises : Haggis, boudin noir, Chedar et Beans. Nous faisons même un peu de réserves pour la navigation de 2025.
Nous partons dans les Cairngorms avec un objectif cueillette !
Nous prenons le temps d'une visite de la distillerie Cardhu ( propriété de la famille Cummins et à 70% de Johnnie Walker)
Pour le process et les étapes de distillerie vous pouvez revoir l'article de septembre 2023 avec la visite de Glenlivet)
L'histoire est intéressante :
Élisabeth Cummin en femme courageuse a sauvegardé le domaine après les décès rapprochés de son époux et de sa petite fille de 5 ans.
Elle fut aidée et soutenue par Helen sa belle mère. Comme quoi il n'y a pas que des histoires d'horribles et ingrates belle-mères !
En Johnnie Walker cherche une distillerie, leur association sera fructueuse et portera ses whiskies !
un bout d'histoire de la famille du domaine Cardhu :
L'alliance entre les Cummins et Johnnie Walker
Helen Cummin qui étend son drapeau rouge pour avertir les voisins que les contrôleurs sont là à l'époque où la distillation était fortement taxée.
Le drapeau rouge deviendra un symbole de Cardhu que brandit Elisabeth sa belle-fille pour lui rendre hommage.
La précieuse licence obtenue par Elisabeth en 1893
La dégustation de fin de visite, nous avons ramené des mignonettes !

Les nombreux bâtiments de stockage des tonneauxL'empire Johnnie Walker
Un grand nom mérite de belles bouteilles
Les beaux chapeaux des distilleriesSylvie en bonne compagnie !
Il est environ 14h lorsque nous arrivons aux coins des girolles.
La poussée date de plus d'une semaine. Certaines girolles sont déjà sèches mais consommables. D'autres sont au contraire détrempées ou verreuses. Mais... beaucoup sont parfaites.
Cueillette juqu'à 18h pour une dizaine de kilos : 2 grosses caisses et 1 petit carton.
Cette fois-ci direction la France ! Nous roulons jusqu'à 10h30 pour un arrêt d'une nuit au Holiday Inn d'Hamilton
Vendredi 20 septembre :
Route vers Douvres pour prendre le Ferry. Arrivée à Calais vers 21h
Nuit au Balladins de Béthunes.
Samedi 21 septembre :
7h de route pour retrouver la maison de Villefontaine. Mathé et Manou nous attendent pour s'occuper du chargement spécial : les girolles à cuire et à mettre à sècher.
C'est dans la voiture que je termine cet article...
A l'année prochaine !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire