mercredi 19 février 2025

Séjour d'hiver, fevrier 2025 Bodo Lofoten (Norvège)

Séjour d'hiver, fevrier 2025 Bodo Lofoten 

 Le 4 février,  nous quittons Lyon à 11 h environ 

3 vols (d'avion) plus loin, nous voici à Bodo à 20 h, en pleine tempête de neige.

Réjouissant ! Ce ne sont pas quelques aiguillons se frayant un passage entre bonnet et cache-nez qui nous empêcheront de rejoindre notre hôtel pour cette première nuit. Nous avançons à pas décidés dans plus de 10 cm de neige qui ont recouvert les trottoirs en direction du smarthotel proche de la gare de Bodo.


Salut à Athos en passant devant le port : À demain !

Mercredi 5 février :

Nous allons réchauffer Athos. Les 2 chauffages tournent, le petit électrique et le Webasto du bateau. En quelques heures, la température monte à 15° C, à l'extérieur, elle est à - 4 ° C.


Pas trop d'humidité dans le bateau, c'est une chance ! Une congère s'est formée jusque sous la capote !








Du 6 février au 9 février : le temps passe très vite. Contrairement à d'autres séjours d'hiver, il n'y a que de menus travaux sur Athos : couture du lazy bag, réparation de la perche IOR, d'un taquet sur le mât.

Nous passons du temps à la bibliothèque dans les fauteuils confortables face au port. Outre la lecture, nous y apprenons le norvégien, que nous décodons dans les livres d'enfants.

Promenades dans Bodø, certaines rendues magiques par les chutes de neige.

Centre de Bodø,  vers 16h30 lorsque le jour s'efface déjà…




Coucher de soleil doré.
En route pour une sortie côté école et plage aux canards, après une nuit de neige




Séance chaud-froid au sauna ! La température de l'eau est identique à la température extérieure 5° C, sauna à 80° C.
Avec cris et courage je me lance à l'eau.



Visite du Nordlandsmuseet qui était fermé cet été. Il est dédié à la culture Sami. 
Les Samis sont un peuple très ancien (avant JC). Ils sont nomades ou sédentaires, vivant de pêche, de cueillette, de chasse et de pêche ou bien éleveurs de Rennes pour une partie. Cette population occupe des territoires au nord de la Scandinavie (Suède, Norvège, Finlande) et en Laponie (Russie), selon les territoires la langue change, il existe 10 dialectes fort différents les uns des autres. Leur artisanat et leur art musical font l'objet d'expositions et de représentations culturelles.

Ci-dessous, une collection de toiles et de tambours ornés de symboles ayant chacun leur signification.


Œuvres d'artistes Samis réalisées avec des matériaux naturels : ici de la peau et des os de Rennes, du bois.

Reproduction d'un habitat sami.

Statuette sur le port,  couple de Sami.



Dans notre nid flottant :



Alliant la marche aux nécessités, nous nous rendons à l'autre bout de la ville, au-delà de la gare, pour quelques achats au "Biltemat" magasin de bricolage et de bric-à-brac.  On y trouve de tout : matériel pour la maison, pour la pêche, pour les bateaux, etc.

Puis une autre échappée pour nous rendre à la police. La personne de l'accueil fait offense au nom de son bureau, elle n'est pas très accueillante.

Nous avons deux sujets à traiter avec les autorités du pays : 

1 - le permis de port d'arme international dont Philippe disposera pour aller au Spitzberg cet été est-il valide pour la Norvège ?

2 - Quelle autorisation de séjour faut-il pour des séjours de plus de 3 mois discontinus en Norvège.  Nous souhaitons officialiser nos séjours, voire obtenir un statut de résident. Il n'est pas dit que nous ne quitterons pas la France ! 

Nous repartons avec nos questions et des numéros de téléphone à contacter. C'était bien la peine de venir en chair et en os et d'espérer un peu de contact humain.

En termes de contacts chaleureux, nous serons rassasiés, car nous avons rencontré un couple de jeunes Français amarrés à bodø, Gregory et Fanny. Arrivés de France en novembre avec leurs deux chiens, ils partent le 12 février plus au nord. Cet été, ils iront jusqu'au Groenland avec un équipage pour ski, varappe et voile.

Nous passons deux soirées extrêmement sympathiques avec eux. Un apéritif sur Athos et un dîner sur Malika (leur bateau). C'est bon d'être invités !

Le soir du dîner se termine avec une sortie sur la digue dans l'espoir d'observer les aurores boréales. Elles sont bien présentes, mais la luminosité de la lune presque pleine et la couverture nuageuse les rendent à peine visibles. Ce n'est que deux heures plus tard, à l'approche de minuit, que, le ciel se dégageant enfin, nous apercevons nettement des rayons verts et verticaux. Une vague vient chapeauter le dessus de la colline face à Bodø et une lame danseuse dont le ballet se prolonge au point de nous donner le torticolis tant elle est à notre aplomb.










Lundi 10 février 

En véritables touristes gâtés, nous avons planifié un séjour de trois jours au cœur des Lofoten à Sørvågen. Une commune proche de Moskenes idéalement située entre Reine et Å. Nous connaissons la petite ville de Reine, une de nos étapes estivales, mais pas la partie sud de l'archipel avec le village réputé de Å (à prononcer O comme tous les Å norvégiens).

Vers 17 h 00 nous embarquons dans le ferry pour une arrivée à Moskenes à 20 h 15. 30 min de marche nocturne et sous la pluie nous mènent à un studio douillet et charmant. (au Rdc derrière l'escalier sur la photo ci-dessous)

Mardi 11 février :

Jour couvert et pluies fréquentes ne nous empêchent pas de profiter des environs. Un joli tour du lac et du port charmant à souhait. Quelques courses pour le déjeuner dans notre logis. Une après-midi où je ne résiste pas à refaire un tour vers le port sous une averse généreuse. Mais "ikke noe problem",  il n'y a pas de problème. Parce que j'ai toujours aimé la pluie. Cette eau miraculeuse tombant du ciel me ravit et me rend joyeuse. C'est presque un réflexe de Pavlov.

Doux cocooning, le jour nous quitte vers 17 h 00 avec un temps de lecture gourmande : « Souvenirs culinaires d'une enfance heureuse ».

Ironie du hasard ou pas, en recherchant des e-books de romans dans le milieu de la restauration, j'ai sélectionné ce livre. Son titre me paraissait de nature à éloigner les pensées sombres que j'ai sur l'avenir d'une France passive. L'histoire prend place en Union soviétique ! Me voici encore plongée dans une histoire russe, bienheureuse pour une fois.

Goûter, scrabble, apéro et dîner à deux, au cœur de la nuit nordique, moments ordinaires et heureux.

Tour du lac de Sørvågen :








Le charmant port de Sørvågen, où nous faisons quelques achats dans la boutique d'artisanat.



Mercredi 12 février 

Le beau temps annoncé est au rendez-vous.

Il neige doucement. Lorsque nous quittons notre nid à 9 h 30,  les sommets sont parés d'une petite veste blanche. Quelques centimètres à peine de cette poudre céleste qui métamorphose le paysage. Somptueux !












Nous partons à pied jusqu'à Å. 

Sur place nous explorons les environs : le village, le minuscule port avec son musée, la pointe de l'île. S'ouvre alors un panorama sur l'île de Moskenes et plus loin encore, sur Vaeroy, archipel sur lequel nous avons fait escale au mouillage cet été.



Une des photos que j'adore :

Un mot est-il assez fort pour décrire ce qui nous entoure. L'émotion est telle qu'elle provoque une sensation physique.  Un peu d'effort pour gravir une petite colline au dessus du village puis pour s'engager, autant que le permet le terrain enneigé, sur les abords du lac et l'émerveillement n'a pas de limite.

Soleil et neige de concert, féérique !










Il y a quelques touristes : comme souvent, beaucoup de Français et des Asiatiques : Chinois, Japonais et Taïwanais. Deux jeunes filles, probablement japonaises, toutes vêtues de blanc, évoquent des images d'estampes.

Peau de porcelaine, cheveux anthracite et une finesse de traits étonnante. Tout à notre contemplation, nous n'avons pas songé à engager une conversation avec ces personnages sortis d'un conte.

Sans le vouloir, l'une de ces japonaises apparaît sur cette photo :

Quelques images du Norsk  Fiskevaersmuseum :

Deux poissons que nous connaissons pour en avoir pêchés et dégustés quelques spécimens : le lieu noir (Sei) et la morue (Torsk). Nota, on trouve très souvent du Torskfisk séché dans les supermarchés, nous en avions ramené en France. Nous l'avons fait griller en petites lamelles au four pour l'apéritif et pour en répandre sur d'autres mets.


Des centaines de bateaux pour une pêche intensive au siècle dernier ! Depuis, heureusement des quotas freinent l'épuisement des espèces.







Les moules à gaufre !

et l'huile de foie de morue, comme Manou, ma maman, les mamans norvégiennes donnaient une cuillère par jour d'huile de foie de morue à leurs enfants. Elle est réputée pour ses bienfaits et ses nombreuses vitamines. D'expérience, je peux vous affirmer qu'elle a aussi un goût unique, infect ! Mon papa, pourtant sévère, préparait un carré de chocolat pour estomper notre douleur gustative.


En lançant l'os de mâchoire des poissons, on joue ici à Pile ou face !
Côté bombé à gauche c'est oui, côté creux c'est non.

Nous allons nous réchauffer au Brygge restaurant pour un simple café. Je demande en norvégien si nous pouvons prendre juste un café à cette heure du déjeuner. La jeune fille se met à rire. Je lui dis, en anglais cette fois, de ne pas rire, car nous apprenons tout juste le norvégien. Elle m'avoue alors qu'elle ne comprend rien au norvégien ! Nous rions de bon cœur. Très vite, elle utilise le français. 

Expliquez-moi donc pourquoi, dans de multiples pays, notre accent est immédiatement reconnu. Impossible de passer incognito. Cette charmante jeune femme est espagnole et travaille ici depuis neuf mois. Elle affiche un sourire spontané et avec sympathie, elle nous offre nos consommations. Quel plaisir ! 









Vers 15 h 00, nous sommes de retour au nid pour le déjeuner. Pendant la soirée et la nuit, nous sortons pour pointer notre nez et nos yeux au ciel, mais les aurores ne sont pas au rendez-vous.

Jeudi 13 février :

Soleil au lever, mais des 10 h il neige abondamment. Puis c'est l'accalmie et la terre est inondée de la lumière du soleil rasant.


Le bus 300 nous emmène à Reine qui se révèle comme une pépite en contrebas du pont. Cernée de ses pics montagneux enneigés, c'est une Reine toute vêtue d'un blanc enchanteur. J'aimerais rester là pour toujours. Je le dis comme une enfant qui croit tous les rêves possibles. 

Arrivée à Reine la belle :









Une visite à la galerie et au café de l'office de tourisme où nous dégustons thé, café et waffle en pratiquant le norvégien avec l'hôte d'accueil.




Nous prenons un petit bateau local pour un tour par le Kirkefjord et Vinstad puis retour à Reine. Le ciel est très couvert, le brouillard a tout enveloppé en un instant. Malgré ce manque de visibilité, l'ambiance locale nous impressionne par son authenticité. Notre perspicacité est récompensée, le brouillard lève son rideau sur quelques portions de ciel bleu et nous apercevons le sommet des montagnes qui forment un cirque féérique autour de nous.




Passage par Rodstad
Arrivée à Vinstad avant de refaire le chemin inverse. Des habitants y déchargent un plancher pour leur habitation.







Les pointes sommitales du Fjord percent le brouillard et se révèlent un peu.


De retour à Reine





Place principale de Reine.

Les chutes de neige reprennent, nous rejoignons le café du centre pour attendre le bus qui nous ramène à la gare du ferry.

Là, il faudra attendre 3 h 00 avant d'embarquer.

Le temps passe très vite dans l'abri chauffé, entre lecture, partie de scrabble et apprentissage du norvégien.

Arrive un jeune Français de Chamonix, venu attendre un ami qui est arrivé en vélo depuis la France. Oui, c'est possible, et à deux, ils sont venus pratiquer du freeride en ski de rando. Ils dorment sous la tente ou dans les abris qu'ils peuvent trouver. Si, si, ça existe des fous courageux.

À 20 h 30 sous la neige qui vient juste de se calmer, le ferry quitte le quai. Nous admirons la pleine lune sur Moskenes depuis le pont arrière. Quelques photos et soudain, je détecte une surface verte dans le ciel. Ce sont des aurores boréales qui entament leur ballet. Nous assistons alors à un très beau spectacle, avec des voiles verts en plein ciel bien visibles, avec en toile de fond les montagnes dont la silhouette se devine au gré de leurs plaques de neige. 





Encore une journée inoubliable. Nous sommes de retour sur Athos à minuit et demi. Le bateau est glacé 0° C, un peu de chauffage et nous nous glissons en partie habillés sous la couette.

Vendredi 14 Février au Dimanche 16 Février : Sur Bodø aussi il neige.

Une Saint-Valentin avec ses douceurs au restaurant EGON, en face du ponton où est amarré Athos et ses couleurs à la nuit tombée : le ciel de Bodø est traversé par les belles ondes vertes à nouveau. 
Il pince, les températures deviennent négatives. Un matin, les hublots ont une petite couche de givre à l'intérieur. Il est vrai que la nuit, nous arrêtons les chauffages.

15 et 16 février :
Nous prenons des petites habitudes ici à Bodø. Nous allons fréquemment à la confortable bibliothèque et aussi à la boulangerie et au salon de thé où nous révisons notre Norvégien.


Hélas, le retour approche.
Nous prenons le temps d'inviter notre voisin de ponton. Ce norvégien vit sur son bateau avec sa compagne, ils ramassent les plastiques sur le littoral. Il a veillé sur notre bateau et celui d'Arne cet hiver. 

Jolie demeure dans Bodø :

Athos, aussi beau de jour que de nuit !

Quelques découvertes dans Bodø et de belles aurores. Selon les indications de notre voisin il en existe de bien plus fabuleuses. C'est déjà bien (mieux que ce que les photos révèlent en tout cas), et nous en verrons d'autres peut-être l'an prochain.




Lundi 17 février 

Lever 5 h 00 pour un vol vers Oslo où nous passerons une petite Journée.

Départ de Bodø où la température négative et les - 10° annoncés sur Oslo, rendent obligatoire le dégivrage des ailes de l'avion.

Arrivée sur Oslo : les lacs sont gelés et striés de craquelures.



Visite d'une infime partie d'Oslo, mais étonnante !

Le parc des sculptures de Vigeland au Nord-Ouest de la ville. (à 40 min de l'aéroport par le train). 

Ce parc rassemble les œuvres d'une vie, celle du sculpteur Gustav Vigeland (1869-1943). 

Les statues sont une collection de personnages entremêlés. Scènes d'effort, ou d'attitudes torturées. L'impression est apocalyptique. Nous ressentons un léger malaise interrogateur.

Le travail artistique n'en reste pas moins remarquable.


Le monolithe et ses statues de granit donnent le ton. L'atmosphère se charge de malaise et de tristesse, de notre point de vue.

Tous ces corps enchevêtrés sur le monolithe inspirent la divination torturante ! En fait, ces hommes et femmes cherchent à atteindre le paradis, c'est la recherche du divin.



Libre interprétation nous est laissée.





Viennent encore, avec les statues de Bronze, ces différentes postures de personnages à différents stades de vie, à différents instants, reflètant chacun une émotion. Philippe et moi partageons cette impression de lourdeur, de labeur. Le bonheur semble absent !






Courte déambulation dans le centre.



Palais royal : construit au 19eme, il est la résidence officielle de la famille royale. Non ouvert à la visite en hiver.


Le théâtre national ci-dessous, qui mériterait un rafraichissement pour mettre en valeur sa belle allure !


un déjeuner au EGON, valeur sûre pour un bon repas équilibré. Puis nous ne tardons pas à rejoindre notre hôtel près de l'aéroport.

Demain avant l'aube (4 h), nous rentrons en France à contrecœur.










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