Séjour d'hiver, fevrier 2025 Bodo Lofoten
Le 4 février, nous quittons Lyon à 11 h environ
3 vols (d'avion) plus loin, nous voici à Bodo à 20 h, en pleine tempête de neige.
Réjouissant ! Ce ne sont pas quelques aiguillons se frayant un passage entre bonnet et cache-nez qui nous empêcheront de rejoindre notre hôtel pour cette première nuit. Nous avançons à pas décidés dans plus de 10 cm de neige qui ont recouvert les trottoirs en direction du smarthotel proche de la gare de Bodo.
Salut à Athos en passant devant le port : À demain !
Mercredi 5 février :
Nous allons réchauffer Athos. Les 2 chauffages tournent, le petit électrique et le Webasto du bateau. En quelques heures, la température monte à 15° C, à l'extérieur, elle est à - 4 ° C.
Pas trop d'humidité dans le bateau, c'est une chance ! Une congère s'est formée jusque sous la capote !
Du 6 février au 9 février : le temps passe très vite. Contrairement à d'autres séjours d'hiver, il n'y a que de menus travaux sur Athos : couture du lazy bag, réparation de la perche IOR, d'un taquet sur le mât.
Nous passons du temps à la bibliothèque dans les fauteuils confortables face au port. Outre la lecture, nous y apprenons le norvégien, que nous décodons dans les livres d'enfants.
Promenades dans Bodø, certaines rendues magiques par les chutes de neige.
Centre de Bodø, vers 16h30 lorsque le jour s'efface déjà…
Coucher de soleil doré.
Visite du Nordlandsmuseet qui était fermé cet été. Il est dédié à la culture Sami.


Statuette sur le port, couple de Sami.
Dans notre nid flottant :
Alliant la marche aux nécessités, nous nous rendons à l'autre bout de la ville, au-delà de la gare, pour quelques achats au "Biltemat" magasin de bricolage et de bric-à-brac. On y trouve de tout : matériel pour la maison, pour la pêche, pour les bateaux, etc.
Puis une autre échappée pour nous rendre à la police. La personne de l'accueil fait offense au nom de son bureau, elle n'est pas très accueillante.
Nous avons deux sujets à traiter avec les autorités du pays :
1 - le permis de port d'arme international dont Philippe disposera pour aller au Spitzberg cet été est-il valide pour la Norvège ?
2 - Quelle autorisation de séjour faut-il pour des séjours de plus de 3 mois discontinus en Norvège. Nous souhaitons officialiser nos séjours, voire obtenir un statut de résident. Il n'est pas dit que nous ne quitterons pas la France !
Nous repartons avec nos questions et des numéros de téléphone à contacter. C'était bien la peine de venir en chair et en os et d'espérer un peu de contact humain.
En termes de contacts chaleureux, nous serons rassasiés, car nous avons rencontré un couple de jeunes Français amarrés à bodø, Gregory et Fanny. Arrivés de France en novembre avec leurs deux chiens, ils partent le 12 février plus au nord. Cet été, ils iront jusqu'au Groenland avec un équipage pour ski, varappe et voile.
Nous passons deux soirées extrêmement sympathiques avec eux. Un apéritif sur Athos et un dîner sur Malika (leur bateau). C'est bon d'être invités !
Le soir du dîner se termine avec une sortie sur la digue dans l'espoir d'observer les aurores boréales. Elles sont bien présentes, mais la luminosité de la lune presque pleine et la couverture nuageuse les rendent à peine visibles. Ce n'est que deux heures plus tard, à l'approche de minuit, que, le ciel se dégageant enfin, nous apercevons nettement des rayons verts et verticaux. Une vague vient chapeauter le dessus de la colline face à Bodø et une lame danseuse dont le ballet se prolonge au point de nous donner le torticolis tant elle est à notre aplomb.
Lundi 10 février
En véritables touristes gâtés, nous avons planifié un séjour de trois jours au cœur des Lofoten à Sørvågen. Une commune proche de Moskenes idéalement située entre Reine et Å. Nous connaissons la petite ville de Reine, une de nos étapes estivales, mais pas la partie sud de l'archipel avec le village réputé de Å (à prononcer O comme tous les Å norvégiens).
Vers 17 h 00 nous embarquons dans le ferry pour une arrivée à Moskenes à 20 h 15. 30 min de marche nocturne et sous la pluie nous mènent à un studio douillet et charmant. (au Rdc derrière l'escalier sur la photo ci-dessous)
Mardi 11 février :
Jour couvert et pluies fréquentes ne nous empêchent pas de profiter des environs. Un joli tour du lac et du port charmant à souhait. Quelques courses pour le déjeuner dans notre logis. Une après-midi où je ne résiste pas à refaire un tour vers le port sous une averse généreuse. Mais "ikke noe problem", il n'y a pas de problème. Parce que j'ai toujours aimé la pluie. Cette eau miraculeuse tombant du ciel me ravit et me rend joyeuse. C'est presque un réflexe de Pavlov.
Doux cocooning, le jour nous quitte vers 17 h 00 avec un temps de lecture gourmande : « Souvenirs culinaires d'une enfance heureuse ».
Ironie du hasard ou pas, en recherchant des e-books de romans dans le milieu de la restauration, j'ai sélectionné ce livre. Son titre me paraissait de nature à éloigner les pensées sombres que j'ai sur l'avenir d'une France passive. L'histoire prend place en Union soviétique ! Me voici encore plongée dans une histoire russe, bienheureuse pour une fois.
Goûter, scrabble, apéro et dîner à deux, au cœur de la nuit nordique, moments ordinaires et heureux.
Tour du lac de Sørvågen :
Mercredi 12 février
Le beau temps annoncé est au rendez-vous.
Il neige doucement. Lorsque nous quittons notre nid à 9 h 30, les sommets sont parés d'une petite veste blanche. Quelques centimètres à peine de cette poudre céleste qui métamorphose le paysage. Somptueux !
Nous partons à pied jusqu'à Å.
Sur place nous explorons les environs : le village, le minuscule port avec son musée, la pointe de l'île. S'ouvre alors un panorama sur l'île de Moskenes et plus loin encore, sur Vaeroy, archipel sur lequel nous avons fait escale au mouillage cet été.
Une des photos que j'adore :
Un mot est-il assez fort pour décrire ce qui nous entoure. L'émotion est telle qu'elle provoque une sensation physique. Un peu d'effort pour gravir une petite colline au dessus du village puis pour s'engager, autant que le permet le terrain enneigé, sur les abords du lac et l'émerveillement n'a pas de limite.
Soleil et neige de concert, féérique !
Il y a quelques touristes : comme souvent, beaucoup de Français et des Asiatiques : Chinois, Japonais et Taïwanais. Deux jeunes filles, probablement japonaises, toutes vêtues de blanc, évoquent des images d'estampes.
Peau de porcelaine, cheveux anthracite et une finesse de traits étonnante. Tout à notre contemplation, nous n'avons pas songé à engager une conversation avec ces personnages sortis d'un conte.
Sans le vouloir, l'une de ces japonaises apparaît sur cette photo :
Quelques images du Norsk Fiskevaersmuseum :
Deux poissons que nous connaissons pour en avoir pêchés et dégustés quelques spécimens : le lieu noir (Sei) et la morue (Torsk). Nota, on trouve très souvent du Torskfisk séché dans les supermarchés, nous en avions ramené en France. Nous l'avons fait griller en petites lamelles au four pour l'apéritif et pour en répandre sur d'autres mets.
et l'huile de foie de morue, comme Manou, ma maman, les mamans norvégiennes donnaient une cuillère par jour d'huile de foie de morue à leurs enfants. Elle est réputée pour ses bienfaits et ses nombreuses vitamines. D'expérience, je peux vous affirmer qu'elle a aussi un goût unique, infect ! Mon papa, pourtant sévère, préparait un carré de chocolat pour estomper notre douleur gustative.
Nous allons nous réchauffer au Brygge restaurant pour un simple café. Je demande en norvégien si nous pouvons prendre juste un café à cette heure du déjeuner. La jeune fille se met à rire. Je lui dis, en anglais cette fois, de ne pas rire, car nous apprenons tout juste le norvégien. Elle m'avoue alors qu'elle ne comprend rien au norvégien ! Nous rions de bon cœur. Très vite, elle utilise le français.
Expliquez-moi donc pourquoi, dans de multiples pays, notre accent est immédiatement reconnu. Impossible de passer incognito. Cette charmante jeune femme est espagnole et travaille ici depuis neuf mois. Elle affiche un sourire spontané et avec sympathie, elle nous offre nos consommations. Quel plaisir !

Vers 15 h 00, nous sommes de retour au nid pour le déjeuner. Pendant la soirée et la nuit, nous sortons pour pointer notre nez et nos yeux au ciel, mais les aurores ne sont pas au rendez-vous.
Jeudi 13 février :
Soleil au lever, mais des 10 h il neige abondamment. Puis c'est l'accalmie et la terre est inondée de la lumière du soleil rasant.
Le bus 300 nous emmène à Reine qui se révèle comme une pépite en contrebas du pont. Cernée de ses pics montagneux enneigés, c'est une Reine toute vêtue d'un blanc enchanteur. J'aimerais rester là pour toujours. Je le dis comme une enfant qui croit tous les rêves possibles.
Arrivée à Reine la belle :
Une visite à la galerie et au café de l'office de tourisme où nous dégustons thé, café et waffle en pratiquant le norvégien avec l'hôte d'accueil.
Passage par Rodstad
Arrivée à Vinstad avant de refaire le chemin inverse. Des habitants y déchargent un plancher pour leur habitation.
Les pointes sommitales du Fjord percent le brouillard et se révèlent un peu.
Les chutes de neige reprennent, nous rejoignons le café du centre pour attendre le bus qui nous ramène à la gare du ferry.
Là, il faudra attendre 3 h 00 avant d'embarquer.
Le temps passe très vite dans l'abri chauffé, entre lecture, partie de scrabble et apprentissage du norvégien.
À 20 h 30 sous la neige qui vient juste de se calmer, le ferry quitte le quai. Nous admirons la pleine lune sur Moskenes depuis le pont arrière. Quelques photos et soudain, je détecte une surface verte dans le ciel. Ce sont des aurores boréales qui entament leur ballet. Nous assistons alors à un très beau spectacle, avec des voiles verts en plein ciel bien visibles, avec en toile de fond les montagnes dont la silhouette se devine au gré de leurs plaques de neige.
Lundi 17 février
Lever 5 h 00 pour un vol vers Oslo où nous passerons une petite Journée.
Départ de Bodø où la température négative et les - 10° annoncés sur Oslo, rendent obligatoire le dégivrage des ailes de l'avion.

Arrivée sur Oslo : les lacs sont gelés et striés de craquelures.
Visite d'une infime partie d'Oslo, mais étonnante !
Le parc des sculptures de Vigeland au Nord-Ouest de la ville. (à 40 min de l'aéroport par le train).
Ce parc rassemble les œuvres d'une vie, celle du sculpteur Gustav Vigeland (1869-1943).
Les statues sont une collection de personnages entremêlés. Scènes d'effort, ou d'attitudes torturées. L'impression est apocalyptique. Nous ressentons un léger malaise interrogateur.
Le travail artistique n'en reste pas moins remarquable.
un déjeuner au EGON, valeur sûre pour un bon repas équilibré. Puis nous ne tardons pas à rejoindre notre hôtel près de l'aéroport.
Demain avant l'aube (4 h), nous rentrons en France à contrecœur.
























































































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