2025 Etape 1 : 1ere partie de Bodo à Risvaer
Equipage : Michael, Claude, Philippe et Sylvie
La vie de Bateau reprend cette année avec une expédition particulière à la clef : profitant du tremplin norvégien, nous pousserons notre étrave jusqu'à l'Arctique, destination Spitzberg, ses glaciers, ses ours.
Ah ! que de rêves prêts à nous faire trembler de peur et de froid.
À la suite d'une semaine pleinement réussie à Saint-Agrêve avec Aëdan, ce 25 Avril c'est le départ de Villefontaine. Nous embarquons dans notre 4x4 avec cellule (modèle Gazell de Toyota), nous avons 3000 km à parcourir jusqu'à Bodo. Le Camion est plein de ravitaillement et de matériels divers pour Athos.
Dès 13h00 le trio coutumier prend la route : Claude, Philippe et Sylvie
500 km plus loin étape en Alsace dans le petit village de Rosheim, au pied du mont Saint Odile, près de la capitale de la bière Obernay.
Ici Michel et Anne Gaëlle, nous accueillent pour l'étape. ils seront équipiers sur Athos pour le Spitzberg
Les hommes profitent du spa ! Dans le gîte de nos hôtes
Samedi 26 avril
Coup de théâtre : Claude a découvert hier que son passeport atteint sa limite de validité fin juin.
Passons les détails, il en a besoin début août pour être skipper en Écosse, pays qui exige désormais un visa ! sauf si on est migrant.
Claude décide de rentrer sur Valence pour lancer la démarche de renouvellement de passeport.
C'est donc en duo que nous poursuivons le périple. Presque 800km en 12h00 assorti d'une heure trente au pas aux abords de Stockholm.
Embarquement sur le ferry sur lequel nous passons une bonne nuit
Dimanche 27 avril
Arrivée 7h30 à Malmö en Suède. Lestés par un petit déjeuner aux allures anglaises avec beans et saucisses nous reprenons la route.
Tour de Malmö.
Nous roulons et roulons encore, enchaînant les relais de conduite (2h30, 3h00) sur 1000km en 12h30. Depuis Vendredi le soleil ne nous a pas quitté.
Une nuit nous attend dans un village au bord de la baltique. Dormirons-nous bien dans un lieu qui porte un nom à coucher dehors : Örnsköldsvik.
Lundi 28 avril :
Nuit ressourçante pour affronter les derniers 700 km. La dernière journée de route est féérique, enfin pour ceux qui comme nous apprécient les vastes étendues et la neige. La monotonie parfois critiquée de la suède avec sa succession de forêts et de lacs revêt plein de charmes en cet hiver qui s'éternise et a plus de vigueur que jamais, nous dit l'hôtesse de l'hôtel.

A 19h00 nous arrivons fourbus à Bodo. Nous retrouvons Athos.
Il pleut et il fait froid, nous allumons les chauffages et installons quelques affaires. Première fiske suppe bien chaude (soupe de poisson) et sans tarder nous filons sous la couette.
Mardi 29 avril:
Soleil et froid taillent l'ambiance. Les préparatifs commencent. Il faut remettre Athos en service : décharger les réserves de nourriture et matériel apportés avec le camion depuis la France, gonfler l'annexe et la remettre en place sur le portique arrière, gréer Athos etc...
sans oublier de vider les fonds de cuve, toujours cette fuite d'eau douce, introuvable depuis six ans. Cette année Philippe parie sur son colmatage de cuve de l'année passée. Affaire à suivre.
Malgré le vent nous remontons la grand voile. Je joue à Cendrillon, à genoux brosse en main pour venir à bout du gasoil sur le pont. L'annexe a retrouvé sa place.
Je prends le temps de retourner dans un endroit que j'aime: la bibliothèque dans laquelle j'apprends le norvégien dans des livres d'enfants.
Le soir nous invitons notre ami Arne qui séjourne en ce moment même sur son bateau.
Nous l'avons rencontré l'année dernière, il est journaliste sur les sujets criminels. Ceci ne lui ôte rien de sa gaieté permanente.
Je vais le saluer, ravie de lui parler en Norvégien, du coup il a enchaîné dans sa langue, trop content. Pendant un moment de la soirée, il converse en Norvégien avec patience pour participer à mon apprentissage. Je m'accroche mais je suis ravie, très fière de sortir quelques phrases et de le comprendre un peu.
Nous bavardons tellement que nous nous couchons assez tard malgré notre fatigue, mais pour rien au monde nous ne manquerions de si bonnes rencontres.
Mercredi 30 avril :
Arne a rêvé cette nuit qu'il allait en Écosse suite à nos récits enthousiastes de nos visites en cette terre celtique
Nous, nous avons rêvé d'aller lui rendre visite au Sud de la Norvège l'été prochain. Pourquoi pas même acheter une ferme. Il y en a plein à vendre nous a-t-il dit.
Suite des travaux : Mise en place du génois, rangement divers, test du générateur. Philippe monte au mat pour réparer la prise d'anémomètre.
Ce matin à Bodo, ce ne sont pas les bourgeons de printemps qui fleurissent mais les voiles qui sont en pleine éclosion : chacun remet en place son gréement, vérifie ses grand-voiles et ses génois, répare. Ambiance !
Nous n'arrêtons guère mais une petite sieste s'impose.
Vers 16h00 Arrivée de Michael notre ami canadien (rencontré dans notre deuxième voyage en antarctique sur le Boulard). C'est son deuxième séjour sur Athos, il avait partagé notre navigation sur une partie de l'Irlande Ouest en 2022.
Michael se met de suite au travail et fait le plein de l'eau.
A 20h00 Claude arrive à son tour. C'était son anniversaire hier et pour marquer l'occasion, car c'est devenu une tradition sur Athos. Nous allons tous manger au restaurant EGON. Toujours aussi agréable et bon.
Philippe est mort de fatigue, nous allons tous au lit très tôt
Jeudi 1er Mai :
Derniers préparatifs à quatre désormais.
Mais nous avions complètement oublié que la fête du travail est internationale. Nous devrons attendre demain pour les derniers achats avant de partir sur la mer.
A Bodo il y 5 frégates militaires dans le port ? Quelles opérations se preparent ?
Ci dessous l'une des frégates.
Soirée joyeuse avec 4 gars et une fille.
Michael raconte ses souvenirs de l'Antarctique, nous n'en pouvons plus de rire. Arne en a les yeux qui brillent. Michael évoque sa sidération dans la houle du Drake, lorsqu'il lui fut demander de faire les quarts de nuit alors qu'il n'avait jamais mis l'ombre d'un pied sur un voilier.
Mais qui étaient ces français fous qui l'avait embarqué, sans prévenir de ce qu'il allait vivre ? Dans la tempête, le froid, le Bateau qui roulait et tanguait en tout sens alors que nous semblions trouver cela normal, il était ahuri.
Vendredi 2 Mai :
Avant le départ, nous devons approvisionner les denrées fraiches mais surtout réparer l'antenne radio. Claude est déjà monté hier en haut du mât pour descendre celle en place endommagée.
Philippe a acheté la seule antenne disponible au grand magasin de bricolage de Bodo. Une chance, la fixation est compatible mais tout serait trop beau, si la connexion du fil de transmission était compatible. Malgré tous les raccords achetés et ceux de Arne qui vient à la rescousse, rien ne va. Impossible de visser les raccords aux diamètres discordants. Vous connaissez maintenant l'ingéniosité et la débrouillardise des mécanos d' Athos : Philippe et Claude. Il trouve le moyen de bricoler les fils pour créer le contact autrement.
Et ça marche ! On entend même mieux qu'avant à la réception.
A midi nous voilà prêts pour faire le plein de gas oil. Nous quittons le quai et Athos fidèle à ses fantaisies tourne dans le sens que nous n'attendions pas. Finalement nous effectuons un demi-tour gracieux, (je sers un peu les fesses tout de même). Le bateau à proximité qui craignait un fâcheux contact, lève un pouce victorieux en direction du Capitaine.
Arne vient nous dire au-revoir chaleureusement, je lui promets "en norvégien" d'aller dans le sud du pays l'année prochaine, près de chez lui.


Joli parcours de 13h30 à 18h et nous sommes sur place. Il ne reste qu'une place au quai. Athos est écarté par le vent mais un promeneur sur le quai nous vient en aide.
L'endroit, qui a été notre dernière étape de l'année dernière à Philippe et moi, est charmant. Tous les services sont là.
J'emmène Claude et Michael découvrir les environs immédiats.


Samedi 3 Mai
Nous restons à Kjerringoy
Il neige !! si si, c'est vrai. Ce ne sont point les flocons qui nous empêchent de partir mais le manque de vent. Nous apprécions de nous lever plus tard et de flâner chacun selon ses envies.
Je profite de la pause pour une matinée d'écriture : poésie, nouvelle et blog sont au programme.
Quelques lignes inspirées par les lieux :
Éclat de soleil
Couleurs enflammées
Sur un ciel assombri
Écrin noir de montagnes givrées
Sortie d'un hiver
Qui tarde à finir
Ici, tremblent encore de froid
les bourgeons juvéniles du printemps.
Belle ballade l'après-midi de Claude et Sylvie, puisque le soleil est revenu. Vers le Middaghaugen qui s'élève à 284 m au dessus de la mer.
Pendant ce temps le capitaine bricole sur son bateau et Michael fait des prises de vues et de vidéos avec son drone.






Au retour sur le bateau, un vent très fort en provenance du nord s'est levé. Bien vu capitaine, il fallait rester au port.
Dimanche 4 Mai :
Nouvelle étape modérée de 13,2 nM vers Helnessund
Arrivée à 16h15, le temps est clément,nous partons explorer les environs en empruntant une boucle entre bois de feuillus et bord de mer aux horizons toujours montagneux.
Lundi 5 mai :
Lever matinal à 6h
Départ 45mn plus tard pour une traversée de 33nM jusqu'aux Lofoten.
Vent soutenu, la houle monte puis se raccourcit. Il pleut, de temps à autre il grêle ! La température est vivement refroidi. Véritable navigation arctique. C'est un échauffement glacé avant notre navigation au Spitzberg. Nous retrouvons des conditions que nous avions connues en Antarctique.
Navigation dans le mauvais temps, mais le paysage garde tant de charme. Les montagnes semblent jouer avec les nuages. Les percées blanches de soleil rapportent l'espoir aux marins isolés. Et, toujours, comme en Antarctique les oiseaux ne sont jamais loin.
Des rafales atteignent 26 nœuds nous prenons un deuxième ris.
À peine 2 heures de moteur sur 7h et nous arrivons à l'approche de Hennigsvaer. Un des plus jolis Villages des Lofoten. Nouvelle découverte pour nous.
En affalant la grand voile, je tombe car la houle est encore malmenante. Pas le temps de repèrer si je me suis fais mal, il faut préparer l'amarrage. Une fois sur le quai, je me rends compte que je ne peux plus tirer l'amarre avec mon bras et mon épaule droite et méchamment froissée. Mais rien de cassé.
Nous nous sommes amarrés sur un ponton qui est au cœur même du village. Le chenal dans lequel nous sommes arrivés se loge entre les deux rues principales.
Arrivée à Henningsvaer, bien couverts !

Au bout un peu au delà de la digue, le bout de presqu'île abrite le stade de foot célèbre justement par cette position exceptionnelle.
Le village est cerné de montagnes typiques des Lofoten. La neige encore abondante sur les pentes confère toute sa magie aux lieux.
Nous déambulons dans cet endroit majestueux et nous ne sommes pas les seuls touristes à en profiter.
Mardi 6 Mai
Aujourd'hui départ 9h30 pour une étape que nous savons exceptionnelle, le Trollfjord que nous souhaitons découvrir en hiver convaincus que les lieux doivent encore gagner en beauté.
Vers le Trollfjord
Si ce n'est quelques opérateurs touristiques en petit bateau et en zodiac, l'endroit est désert. L'hurtigruten apparaît à l' entrée du Fjord mais n'entre pas comme en été, craignant sûrement les chutes de pierres que ses dimensions ne lui permettent pas d'éviter.
Amarrage sur le ponton de la centrale hydroélectrique autorisé pour une nuit :
Tout est enneigé, nous tentons une petite marche sur le plateau, mais quelques dizaines de mètres et nous nous enfonçons beaucoup trop. Philippe qui ouvre la marche s'enfonce jusqu'aux fesses.
Nous rebroussons chemin et nous nous installons faces au soleil sur des chaises disposées devant l'unique gîte déserté.
Michael quotidiennement prend sa douche, en tous terrains et ici c'est dans le torrent à 3 ou 4°. Il est fort ce Michael.
En fin de journée, quelle surprise, nous entendons des voix. Un couple arrive de la montagne. Ce sont deux jeunes suisses de Bâle qui se sont fait déposés en zodiac pour la journée dans le coin. Eux aussi vaincus par la neige n'ont pas pu atteindre le lac. Le garçon s'attèle à la pêche et en un rien de temps il sort un généreux lieu. Devinez à qui il offre sa prise ?
La pêche des suisses :
Départ des jeunes suisses tout sourire :

Mercredi 7 mai : Départ à 10h après quelques flâneries dans ce bout de Fjord que nous regrettons presque de quitter.
Intention, aller sur une l'île de Risvaer avec son petit port. Le temps est couvert mais la vue toujours splendide, reste dégagée.
Sylvie prend la barre pour faire des zigs zags entre les îles. Soudain le capitaine voit un ponton dans un endroit aux fonds cristallins. Finalement nous nous arrêtons là.
Belle promenade de Philippe, Claude et moi dans les environs, totalement isolés : ni pubs, ni épicerie. Quelques maisons et cabanes à sauna privées. Des plages aux allures tropicales, qui donneraient presque envie de se baigner.
Mais 5° non ! nous ne relevons pas le défi.
Michael fidèle à sa réputation d'homme très propre fait une toilette avec un tuyau d'eau trouvé vers un hangar. Nous rigolons bien quand nous l'apercevons presque nu dans les 7° de température ambiante. Il lui faudra une longue sieste sous les couvertures pour se réchauffer tout juste.
Allez, un bon chocolat chaud pour tout le monde !
Jeudi 8 Mai
Bonne pêche au panier ce matin
Dégustation des bulots et des crabes.

Journée détente avec petit tour aux alentours, dégustation de nos bulots et de nos crabes.
La Perdrix arctique ou Lagopède. En vol, son dos offre l'aspect d'un élégant damier noir et blanc. Son cri caractéristique de noix qui craque permet de vite la repérer.








































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