2025 Etape 1 : 6e partie de Tromsø à Skjervoy.
Equipage : Marie et Sunshine ( 2eme Philippe), Claude, Philippe et Sylvie.
Etapes 8 à 11
Veille du départ : Sunshine et Marie ont trouvé leur place au nid.
Vendredi 30 Mai
Courses abondantes à l'Eurospar.
Déjeuner tous les 7, puis, Françoise et Calmos accompagne notre sortie du port.
Départ à 14h30 donc pour un mouillage à Vågnes.
Passage au remplissage gasoil, celui-ci mousse tant qu'il nous faudra beaucoup de temps pour remplir nos 120l dans le réservoir.
Après 11nM , un joli moment de voile qui n'a pas duré longtemps,
Mais suffisamment pour permettre à Marie et Sunshine de commencer les manœuvres.
Ah ! ces noeuds, il faut les apprivoiser.
Aurevoir Tromso
Winch en Duo !
Nous arrivons à 17h30.
Moment pêche sans même une touche.
Une soirée au soleil constant. Les lumières se transforment et déposent avec brio leur aura sur les montagnes qui forment un écrin autour d'Athos.

Passage d'un jeune solitaire probablement échappé d'un troupeau.
Nous nous endormons assez tard.
Samedi 31 mai
Départ vers 9h30, 15nM parcourus, arrêt pêche qui nous laisse à nouveau bredouille.
Veine de quartz
La montagne regorge de ses cascades
Marie donne le cap d'Athos
Arrivée à 13h00 vers Oldervik, village dont le port très restreint n'offre aucune place disponible, si ce n'est un ponton trop court pour Athos. Nous nous plaçons au mouillage à l'extérieur de la digue.Port d'Oldervik
Le mouillage est un peu houleux, sans démesure mais cela barbouille un peu Sunshine.
Après une longue sieste, l'accostage sur la terre ferme avec l'annexe est le bienvenu.
Nous partons à 17h00 pour une randonnée de presque trois heures vers un lieu nommé jettegryte ( nid de poule)
L'endroit est une merveilleuse surprise.
Des concrétions de roche ornent le littoral de leurs plis, leurs motifs, leurs courbes et leurs couleurs variés.
Nous pensons qu'il s'agit d'ardoise argileuse. Sous toute réserve car nous ne sommes pas des spécialistes.
Le long du parcours, jolis cabanes, coins pique nique avec tables et barbecues et cascades, apportant leurs flots et leur musique jusqu'à la mer, ne cessent de nous enchanter.
Front d'avalanche à gauche.
Les fameux Jettegryte
Pour obtenir cette image, après plusieurs tentatives photographiques, nous avons opté pour extraire le moment d'un film que voici :
Des coins toilettes poétiques et nature :
Face à la mer, pour celles-ci.
Les dessins de roche, pur (h)as' art(d).
Un tableau qui pourrait se nommer houle de mer brune.
La végétation affiche également ses charmes, orpin rose, bruyère et conifère.
Bourgeons de coton
Saxifrages à feuilles opposées, à l'assaut de la roche.
Au bout du chemin, loin, la vie humaine a encore pris sa place.
Mais il est à noter que nous ne croisons pas beaucoup d'autochtones.
A 20h30 nous sommes de retour sur Athos qui tangue toujours sous une houle coquine.
Haïku de Marie pour honorer la journée :
Paysage de pierres
Toits de lauze légère
Envol de l'eider
Barbouille à nouveau de nos hôtes qui se mettent au lit, yeux fermés, dès le souper terminé.
Pour ma part, je n'ai pas mal au cœur, mais le tangage retarde grandement mon sommeil.
Le mouillage est de très bonne tenue malgré son inconfort.
Dimanche 1er Juin.
Nous reprenons la mer à 9h30, direction nord toujours.
Bien emmitouflés.

Nous arrivons à Nord-Lenangen vers 13h30 nous repérons une place possible sur un ponton qui n'est pas vraiment un ponton visiteurs.
Avant de nous amarrer là, nous allons à la Marina de Sandnes un demi mille plus loin pour y trouver les douches, mais nous n'avons pas l'intention d'y rester car elle est chère : 60 euros par nuit.
À vrai dire, pour ce prix là, les douches ne sont même pas dépendantes de la marina. Nous squatterons les douches des appartements de vacances à proximité.
Le ponton est équipé de barrières sur toute sa longueur à hauteur de Bateau. Il y a quelques ouvertures pour l'accès.
Lorsque nous arrivons, Claude et moi sommes prêts à aborder plutôt à l'avant.
Le capitaine a engagé la marche arrière, l'avant s'écarte, je recule vers l'arrière d'Athos pour être prête à sauter.
J'ai à sauter un peu loin, une hauteur de plus d'un mètre en visant l'ouverture qui n'est pas tout à fait face à moi.
Je n'aurai pas dû sauter, bon sang !!!
Cela ne manque pas, je réceptionne mon poids sur un genou que j'ai déjà sensible.
Je sens que mon genou se déplace anormalement sur le côté, je tombe.
J'ai mal puis plus du tout , phénomène que je connais bien.
Lorsque j'essaie de me relever, au premier appui, je sens mon genou qui se déboîte légèrement. Je vois des papillons noirs et j'ai la nausée.
Je m'allonge à nouveau sur le ponton.
Marie est aux petits soins, elle me bande le genou, me donne un anti-inflammatoire.
Tant bien que mal quelques minutes plus tard, soutenue par les copains, mi assise, ou parfois clopinant sur un pied, je retourne au bateau. J'entame la descente sur les fesses. Je participe au déjeuner et je vais dans ma cabine.
Compte tenu des symptômes il est fort probable que j'ai une entorse du genou ! Gravité pour l'instant inconnue ! Ligaments distendus ou plus ?
Le ponton maléfique et la marina soi-disant de luxe !
Marie et Sunshine prennent le relais de mes activités sur les manœuvres et en cuisine, merci à eux. Cela leur plaît, je crois.
Je vais au repos accompagnée de ma colère contre moi, mes remords et des larmes pour nettoyer le tout.
Randonnée de 2h l'après-midi de Marie, Sunshine et Claude : L'église, le fond du Fjord et à proximité du port, un troupeau de rennes d'élevage avec de beaux bois bruns.
Vers 19h nous quittons ce ponton vicieux pour rejoindre le port de Nord-Lenangen pour la soirée et la nuit.
Sunshine fait sa première prise à la pêche depuis le quai ! Les deux prises suivantes sont trop petites. On se contentera d'une belle morue.
Les moyens du bord pour tenir mon genou : ceinture dorsale avec id-scratch.
Un petit mot sur L'ID-SCRATCH : il s'agit d'un velcro à double face qui s'accroche donc sur lui même. Idée et création d'un gadzart dénommé Fox ( renard en Anglais), ami de Philippe. Eh! oui il porte bien son nom car il est rusé comme un renard.
Le dîner sera écossais : Haggies et Beans. Marie ayant aperçu les boîtes de Haggies a eu un tel enthousiasme !
Lundi 2 juinBelle navigation de 18 nM jusqu'à Skjervoy (ville de 1500 habitants)
Le génois est sorti, en plus du moteur et Athos avance à 7 nœuds pendant 1h.
Marie et Sunshine s'initie encore à la voile et à l'arrivée vers 14h30.
Ils assurent l'amarrage avec Claude. Bravo !
Les réflexes s'acquierent, pas toujours évidents, je sais ce que c'est.
Le capitaine se rend à la pharmacie pour me ramener une vraie genouillère. Un vrai plus pour me déplacer dans le bateau, participer un peu à ce que je peux et même prendre ma douche sur Athos. Si peu de choses qui nécessitent tant d'efforts avec une jambe défaillante.
Je pense aux unijambistes intrépides Franck Bruno et Dumé Benassis qui ont accompli des exploits, notamment la traversée de l'atlantique à la rame. Je dis alors : c'est pas plus difficile d'aller au Svalbard à la voile !
D'autant plus que je serai accompagnée de 4 navigateurs expérimentés.
Le trio, Marie, Sunshine et Claude part en ballade dans les environs. Il ramène quelques vivres indispensables : Peanuts butter et ginger beer indispensable à la survie de l'équipe !
Athos en bout de ponton prêt pour un prochain départ
La pêche du matin à été bonne !L'apéro est gourmand avec son Kaviar en tube : sorte de Tamara aux œufs de Morue fumés au bois de hêtre. Cette pâte à tartiner en tube est dégustée par des générations de norvégiens, nous adorons aussi.
Mardi 3 juin
Dès le réveil, Philippe se rend au centre médical.
Un rdvous est fixé à 11h15
Le médecin examine et questionne. Pas de douleur vive sur les tendons, min genou à enflé mais le lendemain seulement, il y a présomption de fêlure ou fissure osseuse.
Il nous faut faire une radio, mais à Tromsø.
Deux possibilités : le bus en 4h ou le ferry en 3h.
Nous optons pour celui qui part le plus tôt : le bus.
Sur Athos le déjeuner est prêt grâce à nos amis.
Nous en profitons et les laissons sur le bateau pour embarquer en bus à 13h30.
Pour rejoindre l'arrêt de bus, fidèle aux recommandations du médecin, minimum de poids sur la jambe et munie de ma genouillère et d'un bâton de marche, je progresse doucement.
Le trajet en bus est superbe :
Il emprunte deux ferrys, deux tunnels dont un sous la mer et traverse des paysages grandioses.
Embarquement du bus sur un ferry, méthode couramment usitée ici qui évite des kilomètres de route.

Sur Athos à Skjervoy, le trio des amis ont pris de la hauteur dans une randonnée séduisante.
Les sternes égayent le lieu de leurs cris.
Il s'agit peut être de la sterne Pierregarin mais pas encore de la sterne arctique que nous trouverons plus tard au Spitzberg, pas facile de les différencier. Mes excuses aux ornithologues.

A Tromsø Philippe et moi arrivons à 18h30, mon entrée aux urgences est enregistrée.
Le passage en radiologie se fait très rapidement et nous sommes rassurés par le fait que mon genou n'a pas de fracture. Ensuite l'attente est longue pour l'examen par l'orthopédiste. Mais la sympathie de cette dernière efface vite notre fatigue. Elle examine mon genou avec soin, mais à force de le tester dans tous les sens, celui-ci manifeste son humeur en gonflant à qui mieux, mieux et en m'infligeant quelques douleurs persistantes.
A 22h30, nous sortons des urgences pour rejoindre une chambre réservée sur booking.com dans une maison qui possède 4 chambres quadruples avec cuisine et sanitaires partagés.
Adresse à retenir, 70 euros par nuit, dans l'établissement Artic rooms hage. Bien situé, l'essentiel est là même si la taille des serviettes est proportionnelle au prix !
Le tarif à Tromsø dépasse souvent la centaine d'euros.
En terme de tarif norvégien, il est à noter qu'en revanche, la facture de l'hôpital s'élève à 40 euros : radio, consultation et béquilles
incluses !

Mercredi 4 juin
Prête pour la journée à Tromso
Nous profitons de Tromsø au rythme imposé par mon genou.
Un déjeuner burgers sur le port. Avec de la viande de renne délicieuse pour moi.
Nous attendons la livraison de la nouvelle survie que nous avions commandé à l'entreprise de Eidkjosen. Cet achat était préférable à la réparation de la nôtre qui est ancienne. D'ailleurs le réparateur n'est pas intéressé pour la garder.
Il nous apportera la neuve enfin vers 15h45 juste avant notre bus de retour vers Skjervøy.
Je défié les coureuses de Tromso et je réussis béquilles en main à les devancer.
Alors que nous patientons à la terrasse d'un café où j'ai pris une gaufre.
Un évènement inattendu nous amuse beaucoup.
Un moment d'inattention et une mouette gourmande et zélée s'empare de ma gaufre dans l'assiette et l'emporte sur le trottoir d'en face. Bientôt un conflit s'engage entre ces demoiselles criardes. Je n'avais même pas mangé une bouchée.
Nous rions de bon cœur avec nos voisins qui ont eu le temps de fixer le flagrant délit de la voleuse.
La serveuse adorable m'en apporte une nouvelle que je cache aussitôt entre deux assiettes.
Un haïku de ma composition pour l'occasion :
Ģoéland de mer
Voleur comme une pie
A pris bon dessert
La nouvelle survie
La nichée des goélands double voleurs face au café.
Pendant cette journée sur Athos, les trois compères ont entrepris une très belle randonnée dans la montagne de presque 5 heures.
Sunshine raconte que malgré son appréhension du vide, il a franchi avec brio des passages aériens, encadré par Marie et Claude.
Ils sont ravis de leur expédition et rentrent tout juste avant notre arrivée au bus de 20h30.
Déjeuner du trio sur Athos, soleil et sourires.
Avant d'attaquer les sommets, ils rejoignent le phare en passant par le Kagsund Kystfort où subsistent des vestiges de la Seconde Guerre mondiale.
3 Traces de leur passage ont été déposées dans les boîtes qui jalonnent le chemin de crête.
Attention ça glisse !Fleurs miniatures dans le froid
Match en cours au bout du monde
Claude aide Philippe à rapatrier la survie que nous avons ramené dans la soute à bagages du bus. Elle est assez lourde.
Moi, je claudique avec mes béquilles jusqu'au bateau.
Nous sommes éreintés.
Demain une navigation copieuse est inscrite au programme pour poursuivre notre progression jusqu'à Hammerfest, via une multitude de belles surprises.
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